Les moustachus du 9 octobre

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J’ai bien fait de me raser dimanche. Vous auriez peut être été privé du billet d’aujourd’hui…

Vous aviez peut être remarqué un certain laisser-aller dans le traitement de l’actualité mondiale par ce blougui à prétention planétaire, qui consacrait hier un billet aux moutons (à Batman et au panneaux solaires) turcs, quand moultes confrères n’oubliaient pas de saluer le 50e anniversaire de la mort d’Ernesto  Guevara, alias le Che.

Je m’étais juste dit que j’attendrai le passage des hommages pour trouver quelques images fraîches, qui nous changeraient de celles illustrant le billet de l’an passé lorsqu’Obama était venu faire un peu de récup à Cuba ou celui d’il y a deux ans, qui saluait la mort de René Burri, l’auteur de l’autre photo du Che.

J’avais même imaginé faire un clin d’œil à Brel, mort le même jour que le Che (mais quelques années plus tard en 1978), que d’aucun gros con juge “théâtral et pas très bon”, mais qui a participé lui aussi à faire de moi ce que je suis…

Et voilà qu’hier midi (9 octobre 2017), en pensant à tout ça tout en écoutant la radio, j’ai appris la mort de Jean Rochefort.

Les 9 octobre sont fatals aux moustachus, me suis-je dit (et pour ceux qui ne se souviendraient pas que Brel aussi était moustachu, je leur rafraichis la mémoire…)

… tout en sentant qu’un autre bout d’enfance foutait le camp (mais Annie Duperey est toujours ).

Bref.

Je n’ai pas su choisir ni quoi dire. Alors, comme j’ai aussi appris hier matin que ce 9 octobre était la Journée mondiale de la Poste, j’ai également eu une pensée pour les facteurs (pas tous moustachus) qui disparaissent lentement, pour cause de correspondances qui se raréfient, remplacées par les moyens “modernes” de communication. Mais un sms d’amour vaut-il une lettre du même genre ?

J’ai trouvé la photo du jour en provenance du Bangladesh et me suis souvenu de cette lettre du Che à ces enfants, aussi courte qu’un sms, mais tellement belle :

Chers Hildita, Aleidita, Camilo, Célia et Ernesto,
Si vous devez un jour lire cette lettre, c’est que je ne serai plus parmi vous.
Vous ne vous souviendrez presque plus de moi et les plus petits m’auront oublié.
Votre père a été un homme qui a agi selon sa pensée, et qui a été assurément fidèle à ses convictions.
Grandissez comme de bons révolutionnaires.
Étudiez beaucoup pour pouvoir dominer la technique, qui permet de dominer la nature. Souvenez-vous que c’est la Révolution qui est importante et que chacun d’entre nous, pris isolément, ne vaut rien.
Soyez surtout capable de sentir, au plus profond de vous-mêmes, toute injustice commise contre quiconque en quelque partie du monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire.
À toujours, mes enfants, j’espère vous voir encore. Un grand et fort baiser de
Papa

J’aimerais écrire un jour de tels mots… Et, à défaut, rester un révolutionnaire sensible.

(photos : DR)

Une petite mosaïque doucement nostalgique, même si l’on n’est pas samedi…

Avec, sans ordre particulier :

  1. Carlos Puebla : Hasta siempre 
  2. Jean Rochefort avec Sandrine Kiberlain : Puisque vous partez en voyage
  3. Leny Escudero (mort lui aussi un 9 octobre, il y a juste deux ans) : Tu te reconnaîtras
  4. Jacques Brel : Avec élégance