À portée de main

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J’ai hésité longtemps devant la photographie du jour.

Pas seulement parce qu’elle a été prise au Bangladesh – comme celle d’hier – et que ce blougui évite généralement de poser son regard sur le même pays deux jours de suite.

Mais surtout, parce qu’elle est insupportable.

Cette main est celle d’un enfant mort. Un des 12 Rohingyas qui sont morts noyés lundi,en tombant d’une embarcation lors de la traversé de la rivière Naf, qui sert de frontière entre la Birmanie et le Bangladesh.

La majorité des victimes sont des enfants, m’apprennent mes confrères. Sans autre détail.

J’ai repensé au petit Aylan Kurdi, mort noyé le 2 septembre 2015 lors de la traversée de la Méditerranée, et dont la photo avait fait le tour du monde, des médias et de l’Internet. Sans que rien ne change au sort des réfugiés naviguant vers nos côtes.

L’enfant d’aujourd’hui n’a pas de nom. Je n’ai pas cherché à retrouver son visage. Sa photo ne fera pas la une des journaux. Comme lui, 143 Rohingyas sont morts noyés depuis la fin août et le début de l’exode de tout un peuple apatride. Ils sont aujourd’hui plus de 500 000 réfugiés au Bangladesh.

J’ai cherché une autre image du jour et je n’ai pas trouvé. J’ai cherché autre chose à écrire et je n’ai pas trouvé non plus.

(Photo : Damir Sagolj)

D’une main qui glace à des mains qui réchauffent.

Le nouvel enregistrement de Playing for Change à travers le monde est une reprise de la chanson de Ben Harper, With my own two hands. Et une collaboration avec ATD quart monde, pour commémorer les 60 ans de ce mouvement. Avec ce simple message, Stop Pauvreté, pour dire qu’ensemble il est possible de lutter contre la misère.