Hommage confraternel*

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“Il y a désormais des escrocs partout où vous regardez. La situation est désespérée.”
Daphne Caruana Galizia

Une demi-heure après son dernier message sur son blog Running Commentary, lundi 16 octobre dernier, la journaliste maltaise, Daphne Caruana Galizia, est morte dans l’explosion de sa voiture.

Cette consœur* de 53 ans dénonçait sur son blog depuis 10 ans les scandales politico-financier de l’île et avait notamment été l’une des exploratrices des Panama Papers, révélant l’existence des comptes offshore au Panama détenus par le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, son épouse et le ministre de l’Énergie. En août dernier, elle accusait le nouveau leader de l’opposition, Adrian Delia, d’avoir un compte à Jersey, alimenté, selon elle, par l’argent de la prostitution à Londres.

Elle cumulait les procès en diffamation et les menaces de mort.

Daphne Caruana Galizia a perdu la vie au prix de la vérité.

Lundi soir, des milliers de Maltais sont spontanément descendus dans les rues, bougies à la main, à Sliema, près de La Valette, pour lui rendre hommage et des centaines de messages ont été postés sur les réseaux sociaux, de soutien à la vérité et de colère contre ceux qui la musèlent.

Parmi toute cette stupeur et cette colère, j’ai retenu – et traduit – cette phrase de Thomas Jefferson, inscrit sur une simple feuille posée au milieu des bougies :

“Quand les citoyens craignent leur gouvernement, il y a tyrannie ; quand le gouvernement craint ses citoyens, il y a liberté.”

Que dire d’autre ? Juste qu’abcdetc s’associe à l’hommage à cette consœur* qui va manquer à ses concitoyens maltais. Et à la liberté de parole qui demeure si fragile.

(Photos : René Rossignaud, Matthew Mirabelli, Darrin Zammit Lupi, DR)

* Même si Daphne Caruana Galizia était une consœur, je conserve mon titre et laisse mon hommage confraternel. En cette période – fatigante – d’écriture inclusive, ce n’est aucunement une manière d’exclure qui que ce soit…

La tristesse n’empêche pas l’humour. Même si le jeu de mot est douteux, c’est à partir de Malte que je suis arrivé à penser à Tony … Allen.

Et ça tombait bien, puisque le batteur nigérian partage ce soir la scène du Live à Fip avec la chanteuse malienne Oumou Sangaré. Une rencontre prometteuse dont je vous propose cet avant-goût.