Sans aucun rapport

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“Moi, la Toussaint, ça me file le cafard. Encore une tradition imbécile, comme si les morts bouffaient des chrysanthèmes à date fixe.” Ève de Castro, Le Peseur d’âme

Autant le dire tout de suite : je ne connaissais pas Ève de Castro, l’auteure de la citation du jour, avant de trouver la citation en exergue via le web. Je n’ai lu aucun de la douzaine de livres qu’elle a écrits ni vu aucun des quatre films dont elle a écrit le scénario. Je ne connais donc d’elle que cette phrase, ainsi que cette autre, trouvée par la même occasion : “On ne découvre combien on a été heureux que quand on cesse de l’être.” Laquelle m’a fait penser à cette phrase culte de Jacques Prévert qui figure en bonne place dans mon dictionnaire des citations personnel : “On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va.” Que je ne suis pas le seul à apprécier, puisque Marie Griessinger en a fait le titre de son (pour l’instant) unique livre. Que je n’ai pas lu non plus…

Comme quoi la culture est parfois sans rapport avec ce qu’on exprime. Et que cultiver l’inculture est aussi utile que futile.

Je terminerai cette longue introduction, assez digressive, en ajoutant qu’Ève de Castro n’a aucun rapport avec la famille “régnante” et sans particule de Cuba, mais qu’elle est la fille de Maurice Cazeneuve, qui fut directeur de la 2e chaîne de l’ORTF de 1968 à 1971.

Et je ne me lancerai pas dans une nouvelle digression sur les héritiers ou la reproduction sociale, sujet dont quelques lectrices de ce blougui maîtrisent bien mieux que moi. J’ajouterai juste un lien vers cet article du Monde diplomatique du mois dernier, Classe sans risque, qui aide à comprendre (je trouve) pourquoi l’idée d’une gauche qui lutte vraiment contre les inégalités est en bien mauvais état. (Article en accès réservé pour encore un moment, mais que ma consœur Jeannik B. – que je viens de découvrir – a reproduit sur son blog, qui “regarde ailleurs et autrement”, comme un écho au regard sur le monde d’abcdetc).

Bref ?

Tout cela n’a aucun rapport avec l’image du jour. Laquelle est sans aucun rapport avec la Toussaint que certains fêtent aujourd’hui et qui me vaut un jour de congés. Fête catholique sans aucun rapport avec les textes bibliques, me rappelle wikipedia.

La photographie du jour nous vient donc de Calcutta, où les hindouistes – bien plus nombreux que les catholiques – célébraient cette semaine la fête d’Annukat, à propos de laquelle seul wikipedia version anglaise (ou hindi, tamoul ou népalaise…) me donne quelques explications et m’aident à comprendre que les fidèles réunis devant ce temple ont ouvert leurs parapluies pour récolter les offrandes de nourriture distribuées par les prêtres du temple. Annukat est en effet l’occasion de préparer des “montagnes de nourriture” en hommage à Krishna, soulevant une montagne pour abriter des villageois…

Photographie qui aurait pu s’ajouter à la série dominicale proposée jadis par ce blougui, à l’époque où il restait ouvert le dimanche.

Et je conclurai juste en rappelant que la fermeture dominicale d’abcdetc n’a aucun rapport avec la religion, mais fut un acte de résistance au macronisme déjà en marche.

Bonne journée de repos à ceux qui peuvent – encore – en profiter !

(Photo : Rupak De Chowdhur)

Après cette image du jour en clin d’œil à une fidèle lectrice en laquelle demeurent des traces d’indianisation, la musique est un message personnel à une autre lectrice et l’occasion de rappeler le rapport étroit et ancestral entre l’Afrique et le blues.

Le bluesman américain Mighty Mo Rodgers et le musicien malien Baba Sissoko viennent de nous offrir Griot Blues. Extrait (trop court…)