Tout un symbole

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« Alice ne trouva même pas très extraordinaire d’entendre parler le Lapin qui se disait : “Ah ! j’arriverai trop tard !” (En y songeant après, il lui sembla bien qu’elle aurait dû s’en étonner, mais sur le moment cela lui avait paru tout naturel.) »
Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles

(Je vais finir par rattraper mon retard de publication.)

En évoquant hier “la course folle de ce vaste monde vers un désastre humain et écologique”, je pensais à la COP23 qui s’est ouverte lundi à Bonn.

On s’est tellement gargarisés par chez nous du succès de la COP21 française, qu’on en aurait presque oublié que la menace climatique continuait comme les conférences internationales pour tenter d’y remédier.

C’est donc lundi matin 6 novembre, premier jour des réjouissances, que j’ai appris l’ouverture de cette nouvelle conférence, délocalisée en Allemagne faute de capacité d’accueil des 20.000 participants par Fidji.

Qui conserve la présidence de ce sommet. Et pas seulement de manière symbolique, comme le répétaient lundi matin mes confrères de France-Inter.

Dimanche, à la veille de l’ouverture de cette 23e COP, des milliers de manifestants se sont retrouvés à Bonn pour réclamer de réelles décisions qui permettent d’enrayer la catastrophe annoncée. Et pas simplement des déclarations symboliques.

Car on sait maintenant que la catastrophe est en train de se produire. Et que l’objectif de limitation du réchauffement à 2° contenu dans l’accord de Paris ne sera pas atteint. Sauf miracle.

Le rapport de l’ONU publié quelques jours avant la conférence de Bonn-Fidji est sans équivoque :

“Un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, nous nous retrouvons dans une situation où les efforts sont encore insuffisants pour éviter un avenir misérable à des centaines de millions de personnes.”

Ça fait au moins froid… dans le dos.

Et s’il faut encore des preuves aux sceptiques, France-Info énumérait lundi matin “sept batailles que l’humanité a déjà perdues face au réchauffement climatique” : émission de CO2 toujours en hausse, canicules qui se multiplient, font de la banquise au nord de notre planète, pluie au lieu de neige au sud, accélération de la montée des eaux, mort des coraux, amplification des catastrophes naturelles…

Sept combats perdus. Il est urgent de se mettre en ordre de bataille pour les autres. Concrètement et pas seulement de manière symbolique.

Il m’arrive de plus en plus souvent de notre capacité à trouver les vrais remèdes au mal qui nous menace tous et de me dire que nous sommes déjà en phase terminale avec un pronostic vital profondément engagé.

Mais une phrase lue au détour d’un reportage sur la manifestation de dimanche est venue me forcer à l’espoir :

“Ma vie à moi est bientôt terminée, mais il faut penser aux enfants”, disait pour sa part Sabina Jaeger, médecin de 59 ans, qui a fait trois heures de train.

Comme en écho à ce commentaire récent de ma propre toubib(e?) sur ce blougui :

“Il est urgent de s’occuper des enfants.”

La COP23 s’est occupé des enfants dès son ouverture, en organisant une – sage – manifestation d’une poignée d’entre eux avant que les grands passent aux choses sérieuses.

Espérons que ce ne sera pas juste un symbole de plus…

Et que notre prise de conscience (et de décisions) arrivera plus tôt que le lapin d’Alice.

(Photos : Roland Weihrauch, Sascha Schuermann, Wolfgang Rattay, DR)

Dans ce climat incertain, certains Fidjiens chantent encore.

Heureusement.

Ma recherche sur le web m’a fait découvrir le groupe InsideOut, l’un des meilleurs du pays, paraît-il. Mais je manque d’éléments de comparaison.