De la part de
Joung-ah Ghedini-Williams

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Manque de courage pour écrire.

Alors je laisse la parole à la coordinatrice d’urgence du HCR au Bangladesh, qui m’a envoyé la semaine passée des nouvelles des réfugiés rohingyas.

Je vous écris depuis la route qui part du centre-ville de Cox’s Bazar, au Bangladesh, vers Anjumanpara, où plusieurs milliers de réfugiés rohingyas sont arrivés du jour au lendemain […].

Je suis en mission pour le HCR au Bangladesh, où plus de 600 000 femmes, hommes et enfants ont fui les violences au Myanmar depuis le 25 d’août.

Aujourd’hui, nous avons commencé la journée au centre de transit du HCR, où les personnes les plus vulnérables: personnes âgées, handicapés, femmes enceintes, les jeunes mères et les enfants dénutris ou malades, peuvent rester jusqu’à trois jours pour récupérer un peu de force.

Nous avons rencontré plusieurs familles traumatisées qui ont survécu au naufrage de leur bateau. Leur douleur était palpable. Sur les 42 naufragés, 22 ont été gravement blessés et quatre tués, dont deux enfants.

J’ai tenu la main d’une jeune mère qui avait perdu sa fille la veille. Elle essayait de rester forte pour ses autres enfants aux yeux hagards. Elle m’a décrit des années de persécution et de violence au Myanmar.

J’ai également rencontré des collègues du HCR, courageux et dévoués. Ils me rendent fière de travailler pour cette organisation. Ils sont sur le terrain, aux frontières, dans les camps et les centres de transit, tôt le matin et jusque tard dans la nuit.

Les familles rohingyas n’ont pratiquement rien avec elles. Mais elles portent le poids de la peur, des souvenirs obsédants de la violence et de la perte de leurs proches.

Pourtant, alors que le soleil se couchait sur la dernière section du camp de réfugiés de Kutupalong, j’étais entourée par les bruits du martèlement, du sciage, par des bavardages animés. Ces familles courageuses construisaient de nouvelles maisons avec des bambous, des cordes et des bâches en plastique.

Je sentais l’odeur des repas en préparation. Je sais qu’il est parfois difficile d’expliquer aux gens l’importance des ustensiles de cuisine que nous distribuons. Mais sans se retrouver autour d’un repas, sans le partage d’un dîner, comment les gens auraient-ils la force de reconstruire une maison ?

Il y a tellement de travail à faire ici, les besoins sont immenses ! Mais il y a des solutions et chaque action apporte un peu plus d’espoir.

Je voulais donc prendre un moment dans cette journée pour vous remercier de votre soutien. Et j’espère que vous continuerez à nous soutenir pour répondre aux besoins toujours plus nombreux.

Chaque don que vous faites compte.

Les sourires que je vois sur les visages des enfants le prouvent.

Chaleureuses salutations,

Joung-ah Ghedini-Williams
Coordinatrice urgence du HCR (PSP)

Que dire d’autre ?

(Photos : Mohammad Ponir Hossain, Hannah McKay)

En voyant le radeau de fortune sur lequel les Rohingyas traversent la rivière Naf pour gagner le Bangladesh, j’ai pensé au Radeau de la Méduse de Géricault et à son interprétation “sculptée” de mon amie Maud RiffayComme Médusée

Avec la sensation d’une régression vers le passé.

Mais le futur existe !

Fela is the future. C’est le titre de l’album hommage de notre compatriote Leeroy, ex-membre des Saïan Supa Crew, qui s’est rendu à Lagos pour retrouver l’inspiration originelle.