Hypothèque ou hypothèse ?

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“On va tous crever, disait l’artiste.
Ah, mais non, mais non, dirent les saucisses…”
Môrice Bénin

Il y a des jours où, malgré mon pessimisme, je me sens saucisse !

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

Lundi dernier (encore!) ce sont pas moins de 15.364 scientifiques de toutes disciplines et de tous pays (184) qui ont signé un texte d’alarme dans la revue Biosciences, traduit et publié par Le Monde.

Une traduction bizarrement réservée aux abonnés du journal “de référence”, mais disponible par ailleurs. Où, en résumé, on peut lire que ça chauffe sérieusement pour notre planète et notre humanité et que si nous ne réagissons pas de toute urgence, il sera (il est peut être déjà) trop tard pour échapper aux catastrophes causées par la hausse des gaz à effet de serre, la déforestation galopante ou à la production agricole industrialisée, et à la sixième extinction de masse qui est en route.

Réjouissant et sale coup pour les saucisses.

Mais les signataires de ce texte alarmant ne veulent pas seulement nous plomber le moral et croient encore à une réaction possible. Après tout, nous avons bien réussi à endiguer la destruction de la couche d’ozone ou à réduire (un peu) l’extrême pauvreté, nous expliquent-ils. Ils proposent même quelques actions susceptibles de nous tirer d’affaire comme de “réduire le gaspillage alimentaire […]”, “réduire davantage les taux de fécondité […]”, “concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes […]”, “réviser notre économie pour réduire les inégalités […]”, “réorienter les investissements financiers […]”.

J’en passe. Mais j’ai eu comme un blanc en lisant ces recommandations pour parvenir à un “développement durable” fondé “sur des preuves, un leadership politique et une compréhension solide des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs”.

Parce que, malgré ma connaissance limitée des leaderships et instruments politiques comme des marchés, j’ai eu comme l’impression qu’il s’agissait d’espérer que l’incendie soit éteint par ceux-là même qui l’ont allumé. Mouais…

Le pessimisme allait reprendre le dessus face à notre avenir commun bien hypothéqué. Quand j’ai repensé à Alain Badiou, entendu mardi soir sur France-Inter (chez Laure Adler qui est remontée dans mon estime) et lu la semaine passée dans Libération (dans un entretien avec Laurent Joffrin qui stagne toujours au fond de la même estime).

Un homme qui défend encore L’Hypothèse communiste.

Et qui explique au directeur de Libération qui est incapable de le comprendre que :

“Précisément, la question de la dévastation de la Terre est liée à celle de la propriété. Le profit privé est un système de prédation et de destruction du bien commun. La question de l’écologie suppose la remise en cause du capitalisme.”

Alors, envers et contre tout (et contre certains qui pleurent sur le seuil franchi de l’irréversible tout en favorisant ceux qui nous emmènent encore au-delà de l’inacceptable), j’ai eu envie de croire que l’hypothèse avait une chance – même infime – de se vérifier. Et qu’une prise de conscience collective et surtout commune était encore possible.

Tant qu’il y a  de la vie…


Les photos du jour viennent de Delhi, où la pollution ne cesse de battre des records, dépassant encore 15 fois la limite recommandée par l’OMS.

(Photos : Sunil Ghosh, Burhaan Kinu, Sanjay Kanojia, Arvind Yadav, Dominique Faget, Saumya Khandelwal, Cathal McNaughton, Manish Swarup, Mohsin Raza)

Alain Badiou défend aussi l’amour en tant que “communisme minimum”. Et la poésie.

Je suis désolé de ne pouvoir vous traduire (malgré les sous-titres) les paroles du poème mis en musique par la jeune Chinmayi Tripathi extrait de son dernier album, Music & Poetry Project.

Mais un peu de douceur est toujours la bienvenue.