Et ce rien on vous le laisse

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Slide 1

“Tu n’as rien vu à Hiroshima.”
Hiroshima, mon amour, film d’Alain Resnais d’après le roman de Marguerite Duras

Je m’excuse d’avance auprès des lecteurs perdus par la double référence culturelle du titre et l’exergue du jour.

Le premier m’a été inspiré en pensant à Léo Ferré, dont vous pouvez relire ici ou réécouter  le long cri de colère d’une modernité toujours vivace. Même si je ne partage pas toujours le nihilisme du poète.

Le second provient d’un film que je n’ai jamais réussi à voir jusqu’au bout.

Bref.

On n’aura pas vu grand chose à Bonn non plus, où s’est achevée vendredi la COP 23, déjà évoquée ici lors de son ouverture. Dans leurs comptes-rendus circonspects, mes confrères “sérieux” parlent d’ailleurs beaucoup de “déception”.

N’attendant pas grand chose de ce grand blablatage planétaire, je ne peux pas dire que je sois vraiment déçu, même si l’immobilisme et le manque de volonté de vraiment remettre en cause un système qui nous mène à notre perte provoque autant mon découragement que ma colère.

Libération ose même se demander s’il s’est passé quelque chose à Bonn durant ces 10 jours. Et, pour ne pas désespérer ses lecteurs, donnent quelques bribes “d’avancées.”

Parmi ces miettes de décisions, j’ai relevé la mis en place d’un “plan d’action pour l’égalité des sexe” qui, comme d’autres mesures plus ambitieuses, n’a semble-t-il guère rencontré de succès puisque plusieurs plaintes pour harcèlement sexuel ont été enregistrées durant la conférence. A moins que les harceleuses aient été aussi nombreuses que les harceleurs, ce dont je doute.

Pour ma part, même si je me félicité de tout ce qui va dans le sens d’une réelle égalité des sexes (et des droits…), je me suis questionné sur cette égalité en voyant la  (fumante et funeste) réplique de la Statue de la Liberté installée par l’artiste danois Jens Galschiot à quelques pas du centre de conférences.

En ces temps de prolifération d’une écriture inclusive et de la revendication d’une féminisation généralisée, j’ai cherché un équilibre semblable à partir de de bau mot de Liberté (et je ne parle pas d’égalité et de fraternité, tous deux également féminins, même si le dernier a une connotation masculine, mais je risque de perdre le fil si je digresse trop, surtout avec la fièvre qui monte et dépasse de quelques degrés la limite raisonnable. Je dis ça, non pour être plaint mais pour anticiper une possible ou probable interruption de ce blougui pour quelques jours…)

Bref.

Comme mot masculin en regarde Liberté, je n’ai réussi à trouver que … Libéralisme.

Et je ne suis décidément pas sûr que l’idéologie qui nous y mène nous sauve de la catastrophe.

À part ça, on a bien mangé à la cop, comme l’a dessiné mon collègue Bar. Qui réussit toujours à me faire rire.

C’est mieux que rien.

(Photo : Martin Meissner)

Toujours à propos de liberté, la chanteuse égyptienne Shyma Andy Zoroof a perdu la sienne à cause d’un clip jugé trop “suggestif”.

Je n’aurais jamais entendu parler d’elle sinon, et vous non plus. Mais puisque la vidéo provocante a été remise en ligne ici ou là, je vous propose d’apprécier par vous-même son caractère subversif.

Et ne parlons pas de ses qualités artistiques…

Allez, je retourne écouter Ferré.