Paroles volantes,
paroles violentes

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“Verba volant, scripta manent.” Locution latine, devenue proverbe sous la traduction : “Les paroles s’envolent, les écrits restent.”

Il m’arrive de perdre mes mots.

Je m’en inquiète parfois, pensant à la possible hérédité alheimerienne qui me guetterait.

Je m’en agace de temps en temps, cherchant où j’ai rangé le moyen mnémotechnique de retrouver certains mots dont je sais qu’ils m’échappent plus volontiers que d’autres (comme logistique ou standardisé pour ne parler que de ceux dont j’ai réussi à me souvenir).

Je m’en moque le plus souvent. Témoignant ainsi de la sagesse qui vient avec l’âge. Ou de la confiance dans la technologie numérique qui me permet de retrouver des milliers de détails oubliés.

Bref.

Il m’arrive aussi d’oublier les mots des autres. D’autant plus facilement qu’ils sont blessants. Voire pire.

Ainsi, je ne suis pas bien sûr du terme employé vendredi dernier par l’un de mes commensaux d’une repas chanté. Mais je me souviens de l’intention quand il a déclaré qu’il y avait dans notre pays trop d’étrangers indésirables (je ne mets pas de guillemets…)

J’ai juste répondu que beaucoup de ces “indésirables” (je remets les guillemets) étaient chez nous pour ne pas mourir chez eux (en Afghanistan, au Soudan, en Syrie, en Albanie ou Haïti, entre autres) et qu’ils n’étaient pas si nombreux que chez nos voisins – exemplaires – allemands. Et je m’excuse auprès de mon interlocuteur (même si je doute qu’il me lise) pour l’erreur de chiffre que j’ai commise : ce sont 36.233 personnes qui ont obtenu notre “protection” l’an passé.

J’aurais pu lui dire qu’il pouvait avoir sans souci un peu de compassion pour les Rohingyas dont 500.000 ont dû fuir “leur” pays, la Birmanie, pour trouver refuge au Bangladesh voisin : ils ne viennent pas jusqu’en France.

Quelques réflexions sur l’envol des mots pour accompagner l’envol du cerf-voalnt de cet enfant du camp dé réfugiés de Balu Khali à proximité de Cox’s Bazar.

Avec encore le souffle d’espoir né de mon pessimisme rebelle.

(Photo : Navesh Chitrakar)

Les retrouvailles de mémoire assistées par la technologie…

J’ai entendu cette chanson illustrant un – beau – documentaire (Condamnés-victimes : un dialogue possible) diffusé ce soir par France-Culture. Mais la page de la radio ne me d’en donnait pas le titre…

C’est grâce à Shazam que j’ai pu en retrouver la trace puis par Google que j’ai déniché quelques vidéos du morceau sur Youtube.

Après, c’est par souvenir personnel que j’ai choisi cet enregistrement qui n’est pas le meilleur, mais qui a été réalisé à … Besançon.

Christophe : Elle dit, elle dit…

En dédicace à celle qui ne dit rien…