Solidarité confraternelle

Slide 1

“J’étais tranquille, j’étais peinard…”
Renaud, Laisse béton

Blogueur est un métier peinard. Du moins – encore – dans notre pays. Mais cela n’empêche pas abcdetc de témoigner sa solidarité avec ses confrères plus menacés.

Selon le dernier rapport de Reporters sans Frontières paru en décembre dernier, 7 “journalistes citoyens” (autre nom des blogueurs) ont trouvé la mort en 2017 suite à leurs écrits et prises de position. Comme 50 journalistes professionnels et 8 “collaborateurs des médias”.

Et même si ce chiffre est en baisse, il reste tristement élevé dans un monde qui garantit pourtant la liberté d’expression à l’ensemble de ses citoyens.

“Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.”
Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 10 décembre 1948

Il faut croire que certains ne savent pas lire.

En 2017 toujours, 326 journalistes ont été emprisonnés (202 journalistes professionnels, 107 blogueurs et 17 collaborateurs des médias).

Parmi eux, Wa Lone (au premier plan) et Kyaw Soe Oo (derrière lui), arrêtés le 12 décembre dernier au cours d’une rencontre avec des policiers birmans, comparaissaient hier pour la première fois devant un tribunal de Rangoon, qui les a inculpés de été inculpés d’infraction à la loi sur les secrets d’État” pour avoir enquêté sur le massacre de Rohingyas par la population et l’armée.

6700 personnes – au moins – (dont au moins 730 enfants de moins de 5 ans) auraient été exécutées l’an passé, en “représailles” des attaques menées, le 25 août, par l’Armée du salut des Rohingya d’Arakan (ARSA) contre plusieurs postes de police.

Mais défense d’en parler. Comme le pape s’est défendu d’employer le mot Rohingya lors de son voyage en Birmanie au mois de novembre 2017.

Ironie du sort ou sinistre coïncidence ? Hier, au moment de l’inculpation des deux journalistes de l’agence Reuters, l’armée birmane (qui niait naguère toute responsabilité dans les massacres) a révélé l’existence d’un charnier et admis sa responsabilité dans la mort de … 10 personnes.

Sur près de 7000, c’est bien peu.

Et si les journalistes emprisonnés sont remplacés par les militaires pour diffuser les informations, cela ne présage rien de bon pour l’avancée de la démocratie.

Qu’en pense la Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi ? Qui n’a pas non plus un boulot peinard…

(Photo : Lynn Bo Bo)

Quand la musique participe au dialogue des peuples et de leurs cultures. Quand la chanteuse de Calcutta, Anandita Basu, rencontre les rythmes andalous du guitariste polonais, Miguel Czachowski, ça donne Indialucia.