Une certaine idée du pacifisme

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“Today I come bearing an olive branch in one hand, and the freedom fighter’s gun in the other. Do not let the olive branch fall from my hand. I repeat, do not let the olive branch fall from my hand.”
(“Aujourd’hui, je suis venu porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main. Je le répète : ne le laissez pas tomber de ma main.”)
Yasser Arafat, Discours à la tribune de l’ONU, 13 novembre 1974

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Yasser Arafat n’est plus à la mode et les Palestiniens, qui réclament la fin de l’occupation et le redémarrage d’un “processus de paix” enlisé dans la colonisation israélienne, sont devenus inaudibles.

Il faut dire que d’autres sons de canons résonnent au Proche Orient depuis bientôt 7 ans.

Mais, alors que se dessine une paix possible – même injuste – en Syrie et que la victoire contre Daech nous a été promise pour le mois prochain, un nouveau front vient de s’ouvrir au nord du pays, avec l’offensive de l’armée turque contre les Kurdes. Qui furent récemment les meilleurs alliés de l’occident contre l’état islamique…

En réaction à cette attaque “surprise” la France réclame une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis sont bien embêtés et les Russes ne sont pas totalement mécontents. En résumé de ce que vous avez pu, comme moi, entendre ou lire dans vos médias habituels.

Lesquels ne se sont pas attardés sur l’appellation “ironique” de cette opération militaire, comme l’ont fait plusieurs de leurs confrères étrangers. Seul mon confrère éditorialiste de France-Culture, Jacques Munier, pointait hier matin le “doux euphémisme” qui consiste à baptiser une attaque militaire du nom si pacifiste de “Rameau d’olivier” .

Mais à l’époque où la vérité alternative gagne du terrain, les mots ont-ils encore un sens ?

Les quelques manifestants qui ont répondu dimanche à l’appel du parti pro-kurde, le HDP à protester contre cette attaque ont compris pour leur part qu’il n’était pas question de réclamer la paix. “Si certains suivent ces appels (à manifester) et commettent l’erreur de sortir dans la rue, ils paieront un prix très élevé”, les avaient prévenus Recep Tayyip Erdoğan

Et, joignant les geste à la parole présidentielle, les policiers, plus nombreux dans les rues d’Istanbul que les manifestants, ont arrêté sept d’entre eux.

Au nord-ouest de la Syrie, les bombardements turcs ont déjà tué depuis samedi 21 personnes, dont six enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Sous le signe du rameau d’olivier…

L’humour turc me reste incompréhensible.

(Photos : Nazeer al-Khatib, Sedat Suna, Lefteris Pitarakis, Bulent Kilic, Ozan Kose, DR)

Soufflons. Quoi que.

En explorant le classement turc des titres les plus “shazamés” de la semaine dernière, j’ai trouvé en 2e position … Six Days War. Une chanson de 1971 du groupe anglais Colonel Bagshot (encore plus oublié qu’Arafat), remixée par le DJ local Mahmut Orhan.

L’occasion de vérifier, une fois encore, la justesse du dicton populaire “c’était mieux avant”.