En même temps

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Slide 1

“Qui c’est celui-là ?”
Pierre Vassiliu (1974)

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La citation du jour est courte mais vous pouvez toujours aller écouter cette chanson de l’ère Giscard, Président français de 1974 à 1981, à une époque où n’existait pas encore Internet et où balbutiait tout juste le minitel (1980).

Bref.

Pour rédiger ce billet, je suis remonté à la source, sur le site de l’Élysée. Mais hier soir à 18h30, la dernière “actualité” était datée du vendredi 26 janvier et concernait le discours prononcé la veille à Saint-Genès-Champanelle, pour la présentation des vœux présidentiels aux agriculteurs.

Comme quoi, le promoteur du travail du dimanche ne l’a pas imposé à son équipe de communicants. (PS : À 19h30, c’était en ligne, daté du … 26 janvier, avec la mention “Élysé – Vendredi 26 janvier 2018”).

C’est donc grâce à la presse, où n’exercent pas que des fainéants, que j’ai pu recopier les extraits des déclarations macroniennes de vendredi.

Déclarations pour dénoncer “la dérive autoritaire inacceptable” du gouvernement […] et la “dégradation de la situation”, annoncer la prise de “sanctions individuelles contre des dirigeants […] qui ont un impact limité” et prononcer le vœu “que nous puissions aller plus loin compte tenu des décisions récentes et de la dérive autoritaire”.

De quoi donner du baume au cœur aux milliers de manifestants qui ont manifesté ce week-end en France et en Allemagne (notre photo du jour) pour dénoncer l’offensive turque en Syrie, réclamer “la liberté pour le Kurdistan” aux cris de “Erdogan dictateur”  ?

Sauf que…

Les propos présidentiels ne visait pas Recep Tayyip Erdoğan mais son homologue vénézuélien Nicolás Maduro.

Pour diverses raisons, je me suis abstenu depuis quelques mois de commenter la situation au Venezuela et j’ai été assez écœuré de son instrumentalisation pendant la dernière campagne électorale. Et de la désinformation facile concernant la crise vénézuélienne (pour une analyse un peu juste de la situation lire ici l’article de Renaud Lambert dans Le Monde diplomatique).

Mais Macron, lui, ne s’abstient pas. Et avec son courage “admirable”, il préfère dénoncer un président à la dérive qui jongle avec les lois de son pays plutôt qu’un autre, dont la dérive autoritaire est pourtant supérieure. Et qui vient de décider d’une guerre contre les récents alliés de l’occident dans sa lutte contre Daech.

“Au niveau européen, nous nous coordonnerons pour apporter la réponse adéquate”, a également prévenu lundi notre président. Quelques jours après avoir jugé comme « adéquat” l’appel à la “retenue” adressé à Erdoğan en réaction à la “préoccupante” opération “Rameau d’olivier” qui a déjà tué plusieurs dizaines de combattants kurdes…

L’en-même-tisme est-il plus un numéro d’équilibriste ou d’illusionniste ? Ou les deux… en même temps ?

(Photo : John MacDougall)

Comme pour tant de pays, ma connaissance de la musique kurde est des plus limitée. C’est donc dans le programme de la Semaine culturelle kurde, qui s’est déroulée à Bruxelles l’an passée, que j’ai fait la connaissance de Bêrîvan Arîn, chanteuse kurde émigrée, comme tant de ses “compatriotes”.