Rentrer à la maison

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Je voudrais rentrer à la maison
Livre de Jean-Claude Mourlevat

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J’avoue humblement que je n’ai pas lu le livre cité en exergue dont je n’ai trouvé le titre que par soucis de vérification.

J’ai écrit jadis cette phrase sur un de mes nombreux carnets de bribes, alors que je ne savais pas trop – déjà – où était ma place. Aujourd’hui, où je me promène loin de racines que je n’ai jamais encore eues réellement et dont il m’arrive encore de rêver, je ne sais pas si j’écrirais de nouveau cette phrase. J’essaye de vivre du mieux que je peux où je suis. Et j’ai un toit sur ma tête.

Bref.

J’ai cependant comme une sensibilité particulière aux personnes forcées à l’exil.

Comme tant de millions sur cette terre. Dont 1 million de Rohingya réfugiés au Bangladesh.

La Birmanie et le Bangladesh sont parvenus, mardi 16 janvier dernier, un accord de rapatriement des 700.000 d’entre eux qui ont fui devant les violences militaires (et civiles) de 2017.

Mais l’accord a du mal à se mettre en route. Et il paraît surréaliste. Si le Bangladesh demandait le retour de 15.000 personnes par semaine, la Birmanie a négocié pour réduire ce nombre à… 1500. À ce rythme là, il faudrait 9 ans pour accomplir cette migration !

Et les premiers concernés – les Rohingya –, qui n’ont pas pris part aux discussions entre les deux états, refusent de rentrer dans un pays qui ne leur donne aucune garantie, leur refuse toujours la reconnaissance d’une nationalité, la restitution de leurs terres et la reconnaissance du massacre de milliers d’entre eux par une armée qui ne reconnaît que… 10 tués !

“Je ne rentrerai jamais tant que je n’ai pas de garanties concernant ma sécurité et le respect de ma citoyenneté. Sans ces garanties, retourner là bas, c’est aller vers une mort certaine”, explique un réfugié dans ce reportage de mes confrères de RFI.

Et les images des camps de transit actuellement construits pour les “accueillir” (et pour lesquels les Nations Unies demandent des garanties de sécurité qui tardent à venir) ne doivent guère renforcer leur désir de partir.

La population de Cox’s Bazar, où s’entassent plusieurs centaines de milliers de réfugiés et où volent quelques cerfs-volants, n’est pas prête de diminuer.

“Même si ici je n’ai rien à manger, au moins je suis en sécurité…”, résume un autre réfugié dans l’article sus-cité.

J’aimerais tant que chacun puisse “rentrer à la maison”… Une phrase qui paraît soudain tellement moins banale.

(Photos : Plan UK, Thein Zaw, DR)

Vu la date de ce clip (1983), il aurait pu passer dans la rubrique « souvenirs” d’un samedi. S’il avait fait partie de mes souvenirs plutôt que de celle de ma fournisseuse officieuse de musique italienne.

Mais comme Matia Bazar rimait un peu avec Cox Bazar et que les Vacanze Romane font plus envie que de rentrer à la maison en Birmanie…