Volontaire pour le départ ?

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Slide 1

“Partir, c’est mourir un peu…”
Edmond Haraucourt, Rondel de l’adieu

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Rentré tard après une trop longue journée. Un peu de fièvre qui monte. Pas vraiment inspiré par les photos publiées ici et là par mes collègues. Pas le courage d’entreprendre de longues recherches complémentaires.

Et puis, au moment où mon regard croise la photo du jour, le journal de 19 heures commence à la radio.

Une image du Canada, d’un loup près d’une carcasse d’orignal dont il ne reste plus grand chose, sur le réservoir gelé du barrage Bersimis appartenant à Hydro-Québec. Laquelle compagnie vient de signer un méga contrat de fourniture d’électricité avec l’état étasunien du Massachusetts : 20 ans d’électricité pour un montant estimé de 12 milliards de dollars. Et 25% d’émission de CO2 en moins… Mais des investissements, des travaux d’équipements monumentaux, qui menacent le mode de vie traditionnel des autochtones de la région, les Innus, qui dépendent des rivières qui traverse le territoire qu’ils partagent avec l’électricien. Et qui craignent un “génocide culturel”.

Les Innus seraient 18350. Les habitants du Massachussets plus de 6,5 millions. À votre avis, qui va gagner ce prochain combat écologique ?

Et le loup ? Et la radio ?

Pour le loup, j’ignore ce qu’il deviendra à la fonte des glaces.

Quant à la radio, au moment où j’entamais ce billet elle rendait compte du CITP de ce jeudi. Comité interministériel de la transformation publique au cours duquel notre Premier ministre, Edouard Philippe, et son acolyte de l’Action et des Comptes publics, le présumé innocent Gérald Darmanin, ont annoncé le démantèlement programmé de la fonction publique : recours accru aux contractuels, rémunération au mérite et plan de départs volontaires…

Un dépeçage, comme celui de l’orignal. Je n’exagérerai pas jusqu’à parler de génocide, mais la culture dont témoigne le cynisme de ce gouvernement a quelque chose d’effrayant.

Nous sommes, mes collègues et moi, un peu moins nombreux que les habitants du Massachussets (5,5 millions). Mais les libéraux marcheurs qui s’attaquent aux services publics, au nom bien sûr de leur meilleure efficacité, et supprimer 120.000  fonctionnaires quand il en manque tant (des hôpitaux aux prisons, pour ne parler que des exemples d’actualité les plus récents) sont moins de 18.350.

C’est jouable !

Puis j’ai terminé ce billet pendant que la radio me donnait des nouvelles du burn-out, du bore-out et du brown-out

Et j’ai eu encore envie de partir avant d’être out !

 (Photo : David L. Ryan)

Après la République ? C’est juste une association d’idées fatiguées.

Bref.

Les Toulousains d’After Marianne avec Take Care. Tout un programme…