Cupidon s’en fout

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“Todos los poetas
están en sus poemas
ellos mismos en algunos versos y
guardan sus nombres junto con
poesías:
pero si las pierden o se les
rompe el papelito escrito…
(…qué pasa con la poesía…)
Je ne sais pas.”
Fernando Silva, Poeta y poemas (21 janvier 2016)

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abcdetc aurait pu bien sûr évoquer le Nouvel an chinois célébré aujourd’hui à travers une grande partie de l’Asie. Et même ailleurs (j’ai entendu dire hier que le PC chinois souhaitait “familiariser la communauté internationale à la culture traditionnelle chinoise”.)

Mais j’avais la grosse tête.

Non pas du fait du – fort modeste – succès de ce blougui, mais à cause d’une pseudo grippe qui tourne autour de mes neurones.

Bref.

En voyant la grosse tête de papier mâché du jour, je me suis reconnu ! Mais je n’imaginais pas la difficulté à en trouver l’explication de la légende qui l’accompagnait :

Granada, Nicaragua – A boy looks through an “Enano Cabezon” mask at a traditional dance parade during the XIV Poetry Festival

La traduction ne fut pas difficile, grâce à mes connaissances résiduelles de l’anglais, pas plus que ne le fut la localisation de Granada, grâce à mes connaissances classiques en googelisation (à condition de ne pas confondre avec l’espagnole Grenade…)

Mais j’ai eu plus de mal à retrouver une description dans ma langue de el “Enano Cabezón”. Et je remercie donc l’œuvre d’entraide catholique helvétique Missio qui m’a donné à lire un document de présentation de son action au Nicaragua, dans lequel j’ai appris que ce nain à grosse tête a été créé lors de la colonisation espagnole, en compagnie de la “Gigantona” (la géante). “Elle symbolise la puissance du colonisateur. Il est le petit Indien opprimé et sa grosse tête signifie que le peuple indien est intelligent et capable de développer son pays par lui-même.”

Je me suis moi même senti plus intelligent en compagnie de ce petit Indien, qui m’a rappelé le Cupidon que mes parents me rapportèrent d’un voyage en Espagne. Et qu’ils rebaptisèrent Petit Indien, “par commodité”. Sans commentaire, mais ça vous explique au passage le titre du jour.

Quant à la citation du jour, j’ai eu bien du mal à dénicher un poème de Fernando Silva, honoré par le 14e festival international de poésie de Granada où se promenait Enano Cabezón à l’occasion de son inauguration.

Car ce poète (mort en octobre 2016 quelques mois après l’écriture du poème que je vous propose), l’un des dizaines de poètes fameux du Nicaragua recensés ici et “l’homme le plus nicaraguayen du monde” selon plusieurs de ses compatriotes, ne rencontre qu’un écho bien modeste dans mon pays.

Où la poésie n’est pas vraiment à l’agenda de la modernité ! Et dans lequel la culture chinoise pénètre mieux que la culture nicaraguayenne, trop teintée encore d’esprit de révolte ?

(Photo : Inti Ocon)

La musique nicaraguayenne a peut être plus d’écho dans le monde que la poésie. L’album Mondongo de La Cuneta Son Machín a d’ailleurs été désigné comme meilleur album rock latin, urbain, alternatif aux Grammy Awards 2016.

Extrait…