Et ta, za va ?

Slide 1

“Zavatta : Célèbre clown que l’on invoque pour s’enquérir de la santé d’autrui. Citation :
– Zavatta ?
– Vi, za va ! Et ta, za va ?”
Jean Tardieu

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Pour compléter la citation du jour, je rappelle que si vous répondez “non” quand on vous demande si ça va, vous avez bouffé un joker. Et je ne sais pas combien vous en avez à votre disposition. En cas de pénurie, vous pouvez toujours remonter à l’étymologie de l’expression “comment allez vous?” et à son origine médicale, consistant à se renseigner sur la consistance, l’odeur et autres caractéristiques de la défécation de celui à qui on s’adresse. Et vous pouvez dès lors répondre : ”fais chier”. À vous d’expliquer ensuite qu’il n’y a aucune intention insultante dans votre réponse.

Bref.

Tout ça à cause de Zavatta et du clown du jour, dont j’ai trouvé la photo hier soir, ce qui explique – entre autres – que je ne colle pas à l’actualité burkinabée du jour. Même si, comme d’autres furent Charlie jadis, je me sens quelque peu Ouagadougou, surtout en solidarité avec mon jeune collègue de passage chez nous pour quelques mois avant de retourner chanter et communiquer au pays.

Le clown du jour donc.

Dieu sait (même s’il me paraît bien ignorant) que j’aime les clowns, auxquels abcdetc a déjà consacré plus d’une trentaine de billets. Mais celui là ne m’a pas fait sourire quand j’ai lu la légende qui l’accompagnait.

Un peu parce qu’il a un rapport avec Dieu, mais surtout à cause des religieux orthodoxes qu’on ne voit pas sur la photo, mais dont le gamin appartient à leur communauté, qui fêtait donc Pourim cette semaine, notamment en Israël et particulièrement ici à Ashdod.

J’ai peut être précisé autant de fois que j’ai parlé des clowns que je ne suis pas antisémite. Juste antisioniste. Comme d’ailleurs la plupart des juifs orthodoxes qui considèrent que la libération d’Israël ne peut venir que de la venue du messie. Et comme ils n’ont pas voulu reconnaître celui qui s’est pointé il y a 2000 ans, m’est avis qu’ils peuvent encore attendre longtemps.

En attendant, la terre promise ne cesse d’être annexée petit à petit aux descendants d’Abraham par le mauvais côté. Et quand je lis que Pourim “commémore les événements relatés dans le Livre d’Esther”  et “le salut miraculeux du peuple juif dans l’ancien Empire perse du complot ourdi par Haman pour ‘détruire, exterminer et anéantir tous les juifs jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour‘”, je ne peux m’empêcher de déplorer que les descendants anciens (et moins anciens) persécutés reproduisent des comportements que d’aucun n’hésite pas à dénoncer comme fasciste !

Je vous invite à lire (relire?) à ce sujet la tribune publiée le mois dernier par Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme), réservée aux abonnés du Monde, mais que certains nous ont recopiée gratuitement

Merci à eux et à Zeev Sternhell, comme à tous ses concitoyens israéliens qui résistent à la poussée nationaliste de leur gouvernement “démocratique” et nous aident à croire – encore un peu – à une paix possible et à une terre partagée.

Et au retour du sourire en regardant les clowns…

(Photo : Amir Cohen)

Il y a de belles âmes aussi en Israël. Et de bons musiciens.

Comme Idan Raichel, qui m’apaise toujours quand je l’écoute. Même si je ne comprends pas tout.

Et même quand je comprends :

כשזולגות שוב הדמעות
זמן לזיכרונות
לסלוח ולשכוח
לחזור ולקוות
עד רגע אחרון לחיות
לרקוד בכל הכוח

Soit :

When the tears are flowing once more
It’s time for memories
To forgive and to forget
Again to hope
To live until the last moment
To dance with all one’s strength