Cherchez la femme

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“Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.”
Proverbe
Les femmes c’est pareil…
Commentaire de l’auteur

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Hier soir, au moment de préparer ce billet, le moteur de recherche que j’utilise encore malgré tout, affichait le “doodle” suivant en haut à gauche des résultats qu’il me proposait.

Je cherchais alors des images et des infos complémentaires à la galerie publiée par mes confrères du Guardian, à propos du “World Book Day 2018”, me désolant d’avoir encore raté une journée internationale, deux jours à peine après avoir oublié de signaler le cinquième anniversaire de la mort d’Hugo Chávez. Et le petit dessin m’a vraiment fait croire que j’étais passé à côté d’un événement planétaire.

Moi qui ai commencé ma “carrière” en fabriquant des livres !

Sauf que ce Book Day avait lieu le 1er mars (et pas hier) et qu’il n’a rien d’international. Le véritable Book Day initié par l’ONU (en français Journée mondiale du livre et du droit d’auteur) se déroulera le 23 avril. Et je ne pense pas le célébrer, partageant l’avis de Jean-Luc Godard sur le droit d’auteur :

“Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’œuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro…”

En plus, le 23 avril, c’est l’anniversaire de mon père. Et d’une lectrice.

Mais je ne fête pas non plus ici tous les anniversaires. Pas plus que je ne célèbre toutes les journées mondiales. D’autres le font, mieux que moi

Bref.

En téléchargeant le petit “doodle”, j’ai vu qu’il s’appelait “international-womens-day-2018”. Mais je n’ai pas compris tout de suite le rapport entre avec les femmes, à moins d’une allusion aux magazines féminins ? Pour rappel, le doodle ce cette Journée internationale du droit des femmes ressemble à ça :

Et il m’a fallu aller lire les explications (en anglais) pour comprendre que le mini livre est censé réunir les 12 illustratrices évoquées dans ce gif animé…

Admettons !

Alors, parler des livres ou des femmes ?

Pendant que j’effectuais ces recherches, hier soir donc et sur France-Inter, Laure Adler recevait deux féministes pour parler de … féminisme. Et leur poser cette question aux alentours de 20h40 :

“Est-ce que appartenir au sexe féminin, c’est quelque chose de naturel ou de culturel ou de politique ?”

Et là, je dois avouer que j’ai buggé, me souvenant de cette aide-soignante plantée à la porte de la salle d’accouchement dans laquelle venait de naître mon premier enfant, que nous entourions, serrions, enveloppions, sa mère et moi, de toute notre émotion, notre tendresse, notre bousculement… Et cette femme de lancer : “Alors, c’est quoi ce bébé ?” Aurions-nous dû attendre (combien d’années) pour savoir que notre fille était une femme ?

Bon d’accord, je réduit la pensée de Judith Butler, une théoricienne bien plus mondialement diffusée que moi. Mais, si je suis (plus que) d’accord pour dire que le combat pour les droits des femmes est (plus que jamais?) d’actualité et si je combats, comme je peux, pour lutter contre la régression qui existe en ce domaine depuis plusieurs années, j’ai mes limites…

Et j’ai comme l’impression que l’interrogation sur le sexe des femmes, des hommes, des autres ou des anges n’a pas plus d’influence que la règle du point e (.e) sur les viols des migrantes en Lybie ou ailleurs, les mariages forcés en Inde ou ailleurs, les peines de prison infligées aux Iraniennes dévoilées, l’excision des Africaines, le recul du droit à l’avortement, les dizaines de femmes assassinées chez nous chaque année par leurs conjoints alors qu’elles avaient alerté leur entourage, etc.

Mais je peux me tromper.

Alors, je suis retourné sur le site du Guardian et celui de la Morley Newlands Academy pour trouver les photos du jour, de centaines d’enfants et de dizaines d’enfants déguisés en Wally (Charlie en français).

Et voilà tout. Pour aujourd’hui…

(Photo : Ellen Davey, DR)

J’ai failli utiliser un titre du jour qui avait déjà servi, il y a tout juste deux ans, avec la couverture qui allait avec. Mais, à cause de Wally/Charlie, j’ai changé de titre. Mais je ne résiste pas au plaisir de vous offrir un autre dessin de Reiser :

Avant de perdre du temps à comprendre les doodles (et les femmes), j’en ai perdu davantage à chercher une musique que je n’ai pas retrouvée : celle du générique de fin de Wajib – L’invitation au mariage, le magnifique et tendre film d’Annemarie Jacir, tourné à Nazareth et que j’étais allé voir hier soir aussi au cinéma (unique) de ma ville.

Ce n’est qu’aujourd’hui, en retrouvant une fiche technique plus complète, que j’ai identifiée Koo Abuali, qui a supervisé la musique du film. Et de lien en lien, je suis arrivé jusqu’à cette vidéo de Odd Us, le projet musical de Aras Baskauskas. Et j’ai trouvé qu’elle allait bien avec le sujet (survolé) du jour…