Lignes rouges
(de colère ou de honte ?)

Slide 1

Les Morts ont tous la même peau
Roman de Boris Vian, paru sous le pseudonyme de Vernon Sullivan

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Juste après avoir quitté le Parti socialiste où il n’avait plus grand chose à faire (et où il va finir par ne plus rester grand monde), notre ministre des Affaires étrangères (et ex ministre de la Défense), Jean-Yves Le Drian, a menacé que la “riposte française serait au rendez-vous […] si d’aventure l’usage d’armes chimiques était constaté, vérifié, attribué et que l’usage de l’arme chimique faisait des morts” dans la Ghouta orientale, pilonnée depuis des semaines maintenant par l’aviation de Bachar el Assad et de ses alliés.

“Nous n’avons pas les preuves mais pour la France c’est la ligne rouge” , a aussi expliqué notre ministre, reprenant la formule menaçante d’Obama en 2012. Lequel avait laissé faire l’année suivante.

Je n’ai pas de preuves non plus et la photo du jour, prise le 22 janvier dans un hôpital de Douma, ne prouve rien.

Mais le nombre de victimes, depuis le 18 février et l’intensification des frappes aériennes, est avéré : 940 civils, dont environ 200 enfants.

Mais la mort par armes “conventionnelles” ne trace qu’une ligne rouge du sang qui déborde ? Et ne fait même pas rougir de honte ceux qui menacent en l’air ?

(Photo : Hasan Mohamed)

Un peu de douceur, avec Lucibela, qui ambitionne de “continuer le travail que Cesaria a commencé”. Et qui y parvient plutôt bien, avec son premier album Laço Umbilical, paru le mois dernier.