Conjurer les peurs

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“Il faisait beaucoup plus vieux que son âge. Il avait ses raisons…”
Jean Rochefort, alias Étienne, dans Un éléphant ça trompe énormément (1976)

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C’est à cause de l’éléphant de la photo et aussi parce que j’ai enterré par erreur Guy Bedos, en parlant hier de trop de comiques disparus, que j’ai cherché une citation de ce film culte qui me fait encore sourire à chaque visionnage.

Comme j’ai souri en voyant l’éléphant du jour, sorte de marionnette grandeur nature habillée de tissus bariolés, comme un Arlequin.

Mais cette photographie ne raconte rien de drôle. Elle illustre un article sur l’entraînement proposés aux Rohingyas du camp de Kutupalong pour apprendre à réagir lorsqu’ils croisent un pachyderme.

C’est que ce camp, le plus grand du monde avec 600.000 migrants, est construit sur une autre route migratoire, celle des éléphants locaux, dont la quarantaine d’individus a déjà piétiné à mort une dizaine de Rohingyas en une année…

Après des centaines de morts dans la persécution en Birmanie, c’est aussi bête que trop.

On espère que l’éléphant de chiffons permettra d’éviter de nouvelles victimes, en apprenant la bonne attitude à adopter lorsque l’on croise un éléphant.

Et qu’elle enseigne aussi vaincre la peur…

Je vais réfléchir à la marionnette que je pourrais bien fabriquer pour m’entraîner à conjurer mes propres peurs.

 

(Photo : Munir Uz Zaman)

Parmi mon lot de peurs et d’appréhensions diverses, ne figurent ni celle de la mort ni celle de vieillir. Prenant exemple sur le blues, qui se bonifie avec le temps…

Une manière d’introduire Ben Harper et Charlie Musselwhite qui interprètent No Mercy in this Land, le morceau titre de leur tout dernier album en commun.