Recyclable ?

Slide 1

“Je m’en souviens comme si c’était (d’)hier.”
Expression (variable) parfois utile aux malades d’Alzheimer

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L’article du jour est antidaté et n’a pas réellement été publié le mercredi 9 mai 2018, jour de congé (encore payé) de l’auteur, entre deux commémorations : celle de la fin de la Seconde guerre mondiale et celle du retour du fils vers le père dans la famille divine. Qui coïncide donc cette année avec l’anniversaire du début de la fin de la gauche en France, avec l’élection de François Mitterrand il y a 37 ans. Dont certains se souviennent encore “comme si c’était hier”. Mais c’est déjà si loin…

Jour de congé donc, où je n’ai pas trouvé le temps de mettre en ligne l’image du jour en provenance de Jalandhar en Inde, et cette mer de bouteilles en plastique de laquelle émerge un “recycleur” qui lui ne chômera pas.

Une manière de clin d’œil à une lectrice jadis indianisée et de retour d’un court voyage qui lui a permis de voir l’amplification de la pollution dans ce pays, en rapport avec son développement économique. Message d’espoir pour montrer que l’Inde s’occupe quand même, au moins un peu, des problèmes environnementaux auxquels elle est confrontée.

Mais aussi, en cette période de congés à répétition, une image métaphorique pour m’interroger sur ma propre capacité de recyclage. À mon âge… pour la rime et pour le réalisme.

Car, à une demi-douzaine d’années encore d’une retraite qui s’est un peu éloignée depuis que j’ai commencé à travailler, il m’arrive encore de me demander ce que je ferai “quand je serai grand”. Et dans les années qui viennent. Un peu empêtré entre la dérive (l’évolution ?) de la communication dans laquelle j’exerce encore mes talents et celle de mon âge (la progression?) qui réduit sérieusement mes chances “d’employabilité”.

Cette étrange notion d’employabilité qui serait, selon mes confrères du Monde, “l’enjeu majeur de la réforme Pénicaud” ou “Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, présentée en Conseil des ministres à la fin du mois dernier.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai un certain doute sur la liberté réelle de choix que me donnera cette loi d’inspiration macroniste et (pléonasme) libérale, qui vise surtout à recycler les travailleurs pour assurer leur employabilité, leur conformité aux lois du marché du travail, que notre épanouissement au travail.

J’aimerais autant échapper aux impératifs de performance, de compétitivité et m’épargner la compétition pour garder la tête hors de l’eau, la bataille pour les postes et les offres d’emploi acceptables…

Alors je vais continuer mon métier non rémunéré de blogueur. Ou peut être me recycler… dans le recyclage.

Parce que, chez nous comme en Inde, il y a de plus en plus d’ordures. Et de manière métaphorique aussi.

(Photo : Shammi Mehra)

Pour la musique aussi, j’ai recyclé… en m’inspirant au hasard de celle qui passait sur FIP au moment de publier (enfin) cet article antidaté.

La Trilogie du poker, par L’Attirail, extrait de leur album… La Part du hasard.