Bien peu de choses

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Le temps que je paresse quelques jours à repousser ce billet du week-end, Zinedine Zidane est “entré dans l’histoire” (dixit Le Parisien) et Pierre Bellemare, “prince et génie” (dixit Julien Courbet) a définitivement fini d’en raconter… des histoires.

J’ai hésité à changer le titre écrit deux jours avant le reste de cet article, suite à ma participation à une marée populaire à “petit coefficient” (dixit notre Premier ministre) pour ne pas amplifier une sensation un peu découragée et chroniquement fiévreuse. Mais, au vu de ces informations essentielles du week-end, je le garde.

Nous étions en effet bien peu nombreux à nous réunir hier midi sur les marches des berges du Rhône dans la grand ville à côté de chez moi. Bien moins en tout cas que le nombre de personnes qui dorment dehors dans cette troisième ville de France. Ce qui n’a rien à voir et en même temps si. Et, même si moi aussi parfois “la marée je l’ai dans le cœur” comme Léo Ferré, je suis toujours un peu dépité que nous soyons moins de 1% d’une population à exprimer … quoi ?

De toutes façons, et c’était le sujet initial de cet article, cette histoire de 1% contre les 99% ne tient pas.

D’abord parce que, s’il est vrai que 1% de notre humanité accapare l’essentiel des richesses de notre planète, les 99% d’humains restants sont loin de former un groupe homogène et qu’il y a parmi eux une “classe sans risques”  de gens qui s’en sortent toujours bien mieux que les autres.

Mais surtout, parce que nous sommes bien peu de choses, comme le dit le titre de ce billet et les chercheurs de l’Institut Weizmann des Sciences qui ont effectué une estimation détaillée de la répartition de la biomasse terrestre. Résultat, si les plantes représentent 83% des êtres vivants sur notre planète, les bactéries 13% et les autres êtres vivants (insectes, champignons et autres animaux) 5%, notre espèce humaine ne pèse que 0,01% du total ! Et en plus, selon un autre scientifique, nous serions nous même composés de 99% de vide !

Pourtant, malgré cette part dérisoire, nous serions responsables de la disparition de 83% des mammifères sauvages et de 50% des plantes sauvages, et capables de faire encore mieux.

Jusqu’à notre propre disparition ?

Mouais. Ce n’est pas un billet de week-end très optimiste.

Mais la photo est belle non ? Elle est extraite des clichés gagnants du récent concours Nikon sur le sujet de la paréidolie, qui consiste “à identifier une forme familière, généralement un visage, dans un objet, une forme, ou un paysage”. Je vous aurais volontiers proposé une grande série de ces images, mais j’ai manqué de ressources pour dénicher plein d’autres photographies participantes. Il reste donc… peu de choses.

(Photo : Jean-Pierre Penzo)

À cause de la large galerie d’images d’arbres aux visages que j’ai un temps imaginé vous proposer, j’ai pensé à cette chanson de 1970 des Charlots, qui n’a fait l’objet d’aucune reprise notable, à part par les Charlots eux-mêmes (moins un décédé entretemps et Luis Rego qui a dû décliner l’invitation…).

On est bien peu de choses, en effet…