Canards du jour

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“La liberté de la presse ne s’use que lorsque l’on ne s’en sert pas.”
Devise du Canard Enchaîné

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Appelez-ça comme vous voudrez, rituel, tradition ou manie de vieux con, le mercredi je lis Le Canard enchaîné au Spurk, restaurant “arménien” proche du travail qui me paye.

Le numéro de cette semaine rendait un hommage confraternel au patron du Figaro, Serge Dassault, décédé lundi 28 mai, en rappelant quelques-unes de ses pensées bien senties : “C’est anormal de donner de l’argent à des gens qui ne veulent pas travailler” (à propos des chômeurs), “On va avoir un pays d’homos, et dans dix ans il n’y a plus personne” (à propos du mariage homosexuel) ou “Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent” (à propos de ses avions de guerre)…

Citations que je n’ai pas retrouvées dans Le Figaro d’hier, qui consacrait pourtant de nombreux articles à son patron disparu. Pas plus que je n’ai déniché une seule allusion à la condamnation l’an passé du sénateur-maire de Corbeil-Essonnes qui avait une vision très mercantile de la démocratie.

Bref, je ne saluerai pas ici la mémoire d’un double collègue approximatif : “fonctionnarisé” grâce aux plus de 40 milliards de rente assurée par l’État pour l’achat de son avion longtemps invendable (lui qui aimait tant fustiger les fonctionnaires) et – presque – journaliste.

Mais ne rêvons pas : la mort de son patron ne va pas libérer davantage Le Figaro et l’aider à retrouver la “liberté de blâmer” (sans laquelle “il n’y a pas d’éloge flatteur”, selon sa devise…) ni participer d’une liberté retrouvée de la presse en général.

François Pinault, Patrick Drahi, Vincent Bolloré, Xavier Niel, Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère sont toujours bien vivants et se partagent (avec 4 autres collègues milliardaires ou presque) l’essentiel de la presse hexagonale, comme le rappelle un article de Basta ! que vous pouvez aller lire par ici.

Ce qui me rappelle au passage que je n’ai toujours pas complété la page “confrères” de ce blougui pas toujours sérieux. En attendant, vous pouvez toujours aller consulter – toujours sur Basta ! – une liste assez complète de confrères “sérieux”, dans laquelle manque naturellement Le Canard enchainé, toujours résistant à se numériser…

Et j’aime bien aussi le regard en coin du vendeur de canards de la gare de Dhakka, qui m’a rappelé un autre vendeur – de poissons à Mumbai – passé par ici il y a quelques années. Et m’a également rappellé de ne pas trop dévier le mien (de regard) du monde extérieur.

(Photo : Nazmul Hasan Khan)

La musique du jour aurait pu passer hier, pour accompagner la nouvelle de la naissance du petit Miracle… Mais ce n’est qu’aujourd’hui que je suis allé voir… Miracle, la douce comédie amère aux accents kaurismakiens de la Lituanienne Egle Vertelyte, porté par la belle musique du compositeur polonais Krzysztof A. Janczak

Oui, je sais, les vœux sont passés. Mais je peux aussi souhaiter une bonne nouvelle année qui s’ouvre pour une lectrice qui fête son anniversaire aujourd’hui…