Sans enfance

Slide 1

“Les enfants sont notre avenir.”
Phrase consensuelle dont on retrouve 14.800 occurrences sur le web

*

Pour faire une transition avec l’article d’hier, je me demande si les intelligences artificielles – même hyper-sexuées comme les poupées chinoises croisées par ici – seront stériles ou capables de se reproduire. Et dans ce cas, si leurs enfants seront aussi mal traités que les petits d’hommes.

Car nous n’avons pas de quoi être fiers !

Selon le dernier rapport annuel de l’ONG Save the children, 1,2 milliards d’enfants sont menacés par la guerre, la grande pauvreté ou les discriminations de genre. Soit 1 enfant sur 2 privé d’enfance.

Avec des différences géographiques entre Singapour et la Slovénie les mieux classés et le Mali ou le Niger, en fin de liste. Et des pays qui cumulent, comme le Sud Soudan, d’où vient la photo du jour, où la petite Angelina (10 ans), en plus de l’épilepsie dont elle souffre, est confrontée à trois menaces : pauvreté, guerre, discrimination des filles…

Mais dans un monde qu’on nous dit si souvent mondialisé, nous sommes tous un peu concernés par la mortalité infantile, la malnutrition, la déscolarisation, la maltraitance des filles… dans les pays africains ou ailleurs. Comme nous portons notre part de responsabilité dans les conflits qui brisent trop d’enfances ?

Petite lueur d’optimisme dans ce constat accablant : les choses s’améliorent. Un peu. Trop lentement pour que les enfants d’aujourd’hui n’aient pas grandi – trop vite ou trop mal – et puissent juste profiter de cette enfance. Pour qu’existe “un avenir dans lequel aucun enfant ne sera oublié”, un vœu exprimé par les membres de l’ONU, en septembre 2015, qui ont souhaité qu’il soit possible de vivre une enfance “normale” (sans malnutrition ni violence, avec un accès à des soins de santé et une éducation de qualité) à l’horizon 2030.

Demain !

Il nous reste donc une douzaine de Journée internationale de l’enfance, comme celle maigrement marquée aujourd’hui, pour que change le monde…

(Photo : Stefanie Glinski)

Quand j’étais moi même naguère un enfant, je confondais “prodigue” et prodige”. Et la parabole du fils prodigue et de son prodigieux retour ne m’aidait guère à m’y retrouver.

J’ai – un peu – grandi (moins que vieilli), mais je reste volontiers confus pour déclarer, à partir de cette toute nouvelle chanson de Ry Cooder, The Prodigal Son, que tous les enfants sont prodigieux. Ou devraient l’être.