Écrit avec des fleurs

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“Ne t’inquiète pas abuela, je serai bientôt de retour. Je te le promets.”

En adressant ces mots rassurants à sa grand-mère au moment de quitter son village début mai, Claudia Patricia Gómez González ne pensait pas qu’elle tiendrait sa promesse aussi vite. Ni de cette manière.

Le 23 mai, trois semaines et quelques 2000 kilomètres après son départ, la jeune Guatémaltèque de 19 ans a été tuée d’une balle tirée par un agent des douanes et de la protection des frontières, à Rio Bravo.

Samedi dernier, sa grand-mère, ses parents et quelques centaines d’habitants de San Juan Ostuncalco l’ont accompagnée jusqu’à sa “dernière demeure”. Avec des fleurs et sous la pluie.

Elle “n’était ni une criminelle ni une terroriste et rien ne justifiait sa mort”, a déploré Jordan Rodas, médiateur des droits de l’homme du Guatemala. Sa compatriote Rosalina Tuyuc, Prix de la paix Niwano 2012, espérant pour sa part que “le président des États-Unis cesse de désigner les migrants comme des criminels”.

Pas une criminelle. Juste une migrante qui n’avait pas bien fait son étude de marché, aurait peut être dit notre ministre de l’Intérieur.

Claudia Patricia n’est pas la première victime des garde-frontières étasuniens qui ont tué près d’une centaine de migrants depuis 15 ans. Ça peut paraître peu au regard de la cinquantaine de victimes du dernier naufrage en Méditerranée. Mais, en l’absence de frontière naturelle comme celle qui nous sépare de l’Afrique et en attendant la construction du fameux mur souhaité par Trump, les États-Unis font ce qu’ils peuvent pour se protéger de l’invasion qui les “menace”.

Comme nous menace l’indifférence ou notre inhumanité.

(Photos : Moises Castillo, Luis Echeverria, Johan Ordonez, Carlos Ventura, DR)

Des fleurs sous la pluie aux fleurs offertes avec le sourire.

À partir d’une chanson du groupe colombien Bomba Estéreo, Flower Power, Luchi Cosenza a eu l’idée de distribuer une centaine de fleurs à une centaine de femmes. Recueillant autant de sourires.

C’est une manière, dit-elle, de vaincre la dépression qui lui a été diagnostiquée et sa faible estime d’elle même, en donnant aux autre l’occasion de découvrir leur beauté intérieure…

Ça semble marcher. Et ça inspire. C’est dommage que sa vidéo n’ai été vue qu’à peine 300 fois. On n’a pas toujours le buzz qu’on mérite.

Comme la mort.