Pour en finir avec le foot

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“Ce qui me frappe ce n’est pas que le peuple est dans la rue, c’est plutôt qu’il descend parce qu’on le somme de se réjouir très ponctuellement pour célébrer une victoire qu’il a vécu à travers la télévision. Par contre, quand il s’agit de descendre dans la rue pour défendre les acquis sociaux ou l’état providence, il y a pas grand monde. Je parlerais moins de peuple que de collection d’individus.”
Mathias Roux, philosophe, auteur de Socrate en crampons

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Je remercie Mathias Roux, entendu ce matin sur France-Culture pendant le journal de 7 heures, où il tempérait un peu l’euphorie ambiante, de circonstance comme de rigueur, après la victoire des millionnaires courant après un ballon tellement bien de chez nous qu’ils jouent tous à l’étranger (à une exception près)…

Bref.

Les insupporteurs de foot, tout ceux qui n’en ont rien à foot, ou ceux qui (comme moi) débranchent de l’écran après avoir regardé quelques matchs en regrettant que le meilleur ne gagne pas vont pouvoir respirer, souffler et entendre autre chose que les concerts de klaxon de leurs concitoyens, qui exultent par procuration mais sont, malheureusement, tellement moins nombreux à se réunir pour défendre un projet politique alternatif à celui qui nous marche dessus ou les “valeurs républicaines” menacées par le pragmatisme de rigueur !

Re-bref.

Pour marquer le fin de la “campagne de Russie” (expression largement ressassée par mes confères journalistes sportifs), je vous propose donc quelques images de la campagne en Russie. C’est en effet dans les champs de Ponomaryovo (près de Krasnoïe Selo), où sont produits habituellement des melons, des pastèques et des citrouilles, que quelques bottes de paille ont été dénichées pour construire un vrai parc d’attraction. Avec reconstitution de monuments historiques, labyrinthe géant et… terrain de foot. Autour duquel les spectateurs ont l’air de s’ennuyer autant que pendant un match de l’équipe de France, mais où les joueurs … jouent, sans calculer leur résultats ni leurs salaires, ou se prendre pour quelque symbole que ce soit. Comme les tristes hommes de paille d’une collection d’individus à la ferveur collective aussi éphémère qu’artificielle et à la conscience politique aussi fantomatique qu’un avant-centre anglais égaré en équipe de France.

En attendant qu’on vienne nous rappeler que la France est championne du monde … des dépenses publiques (qui nous permettent de bénéficier – encore – de services tout aussi publics et d’une protection de santé, que le monde nous envie paraît-il), allez la France… des lumières, du front populaire, du programme de la résistance, du programme commun ou d’un programme alternatif à réinventer !

(Photos : Eduard Korniyenko, Yelena Afonina)

“Si vous savez partager ce que vous possédez, vous vivez avec bonheur et honneur. Je suis un vrai socialiste. Je sais que je ne peux pas sauver le monde tout seul, mais s’il y a une lutte contre l’injustice, je préfère toujours être en première ligne, et c’est mon état d’esprit envers la vie.”

Une citation de Slaven Bilić, sélectionneur de l’équipe nationale croate entre 2006 et 2012. Pour rendre hommage à une équipe que je suis triste de ne pas avoir vue rencontrer la Belgique. Et introduire la chanson du jour, Vatreno Ludilo (Folie enflammée), écrite à l’occasion de l’Euro 2008, par le groupe Rawbau, du même Slaven Bilić.