You talkin’ to me ?

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“Dans chaque rue il y a un inconnu qui rêve d’être quelqu’un. Un homme seul, oublié, qui cherche désespérément à prouver qu’il existe.”
Exergue de l’affiche française de Taxi Driver, qui a aussi inspiré le titre du jour

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Depuis ce matin, les chauffeurs de taxi de Barcelone sont en grève pour protester contre l’annulation d’une loi qui limitait la circulation des VTC (voitures de transport avec chauffeur) dans la ville, dans une proportion d’un VTC pour 30 taxis. Une décision de la Cour supérieure de justice de Catalogne, obéissant aux recommandations de la Commission nationale des marchés et de la concurrence.

La sacro-sainte concurrence européenne, dont les règles sont allègrement contournés par les entreprises numériques “modernes”.

Les chauffeurs d’autres villes se sont joints au mouvement qui doit durer deux jours (et qui n’a d’écho chez nous qu’à cause du “chaos” qui perturbe les touristes) et ont rejoint la manifestation qui a parcouru les rues de la capitale catalane, en fin de matinée, au cours de laquelle, en plus de crier leur colère, quelques manifestants l’ont exprimée en s’en prenant à des véhicules des sociétés Uber ou Cabify. Qui ont décidé de suspendre – temporairement – leur activité “jusqu’à ce que la situation revienne à la normale”.

Je ne pense pas que la violence soit “normale” ni que les chauffeurs de taxi soient tous des agneaux, mais je partage la colère de ceux qui dénoncent la violence sociale des opérateurs de la “nouvelle économie numérique” qui ressemble furieusement à l’ancienne, avec une dose de cynisme supplémentaire, et face à laquelle les citoyens ne sont pas toujours “concurrentiels”.

Citoyens qui pourraient être de plus en plus nombreux à vouloir prouver qu’ils existent autant que les puissances de l’argent.

(Photos : Albert Gea, Pau Barrena)

C’est doublement triste.

Toutes ces infos qui m’assaillent, toutes celles qui traversent sans laisser de traces, toutes celles qui m’échappent (et je ne parle pas de celles qu’on nous cache, ayant peu de goût pour les théories du complot…)

Et celles qui arrivent si tard jusqu’à moi.

C’est en cherchant des nouvelles de Peter Gabriel, auquel je pensais pour la rubrique musicale à cause de son brillant Come talk to me, que j’ai appris le décès de Geoffrey Oryema le 22 juin dernier. Il y a déjà plus d’un mois !

Un moment de recueillement, en écoutant cette version de Land of Anaka, où Geoffrey Oryema était rejoint par … Peter Gabriel.