Le paradis submergé

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“La terre est le probable paradis perdu.”
Federico Garcia Lorca

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Je ne crois pas trop au paradis. Ni dans l’au-delà ni ici bas. Mais je peux me tromper : je suis loin d’avoir fait le tour du monde, même sur ce blougui, et je n’ai encore qu’une connaissance très imparfaite de l’au-delà.

J’ai quand même vécu quelques instants merveilleux, qu’on pourrait qualifier d’édéniques.

Comme ce dimanche soir d’un coucher de soleil sur la plage de Kochi, entouré de la foule bruyante et bruissante de centaines de familles assistant au même spectacle, dans un émerveillement partagé.

Je ne crois pas que ce soit un paradis sur terre mais, à cause de ce coucher de soleil, de la splendeur de ces paysages, de la saveur de sa cuisine, de la luminosité de ses habitants, et aussi parce qu’il demeure le dernier état démocratiquement communiste de notre planète, je garde pour le Kerala une affection particulière.

Aussi, j’ai eu plus qu’un pincement au cœur, une vraie tristesse en apprenant que le Kerala subissait les pires inondations du siècle qui ont obligé plus de 200.000 familles à évacuer leurs maisons et provoqué la mort de plus de 350 personnes, dans un bilan toujours provisoire qui s’aggrave de jour en jour.

Je ne peux qu’espérer le retour de cieux plus cléments, dans lesquels on peut voir sereinement se coucher le soleil.

(Photo : Sivaram V.)

En direct de Thiruvananthapuram (au Kerala donc), avec quelques années de décalage, le groupe Avial.