Au numéro demandé…

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“L’homme est ainsi, il a deux faces ; il ne peut aimer sans s’aimer.”
Albert Camus

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S’aimer. Sacré programme !

C’est en cherchant une citation évoquant les visages multiples d’un monde, d’une époque et d’une vie polycéphales, que j’ai trouvé ces mots d’Albert Camus. Lesquels m’ont – naturellement – rappelé la phrase de Marilou, alias Leonor Canales Garcia…

“Pour m’attacher, il faut me détacher.”

… dans son spectacle Le Genou de Marilyn, que j’ai revu cette année à Aurillac, avec une double émotion :

  • Celle de la performance de ce cette “chronique du rebond” portée par le talent de Leonor, qui nous entraîne dans son histoire qui pourrait être tellement la nôtre, avec cette éternelle question de qu’est ce qu’on fera quand on sera grand (ça, c’est ma formulation…)
  • Et celle de voir ce spectacle, un an après, tellement abouti, tellement juste, tellement affiné.

Alors, j’ai pleuré deux fois…

Merci encore Leonor.

Après ça, j’aurais pu, comme l’an passé, composer l’album souvenir de ce séjour traditionnel à Aurillac.

Mais j’ai manqué, sinon de temps, du moins de courage.

Bref.

À la veille de cette rentrée, qui ne me concerne plus vraiment mais qui vient encore troubler parfois mes rêves et me procurer quelque appréhension, par empathie, surtout avec ces élève qui vont encore apprendre tant de choses qui ne leur serviront à rien, mais aussi avec quelques rares professeurs qui aiment les enfants plus que les pédophiles. avant donc ce replongeon dans le bain pour les quelques 12,4 millions d’écoliers, collégiens et lycéens français, j’ai retrouvé dans les brouillons de ce blougui deux photos de baignade.

Deux images qui n’ont pas plus de rapport entre elles qu’avec Aurillac.

Deux images de baignades, prises à deux jours d’intervalle, à la fin du mois de juillet.

Sur la première, on voit un migrant, secouru au large de Gibraltar, qui s’accroche à ses derniers biens : un téléphone portable pour garder le contact avec les siens, restés au pays (lequel?) ou qui l’attendent déjà autre part, et une sorte de chapelet, pour rester en contact avec je ne sais quel Dieu. Peut-être aux abonnés absents.

Sur la seconde, on ne distingue rien des innombrables baigneurs qui se rafraîchissent dans la piscine du complexe de loisirs Inagi City de Tokyo. Une photo aérienne, tel que peut-être (bis) un bon Dieu nous voit de là haut.

Avec peut être (ter) l’envie de raccrocher.

Comme moi ?

Non, je ne raccroche pas : je m’accroche. Je regarde le ciel, vide, et cherche encore de quoi – et comment – me détacher…

 

(Photos : Jon Nazca, Naoki Haranaka)

Si l’on parle toujours de décrocher le téléphone, les combinés accrochés sur leur support ont disparu depuis bien longtemps. Comme les fils entortillés. Et il faudrait aujourd’hui décrocher du téléphone, comme le chante Soprano dans Mon Précieux. Une chanson trop récente pour que je la glisse dans la mosaïque du jour, mais que vous pouvez écouter ici.

Les coups de téléphone chantés du jour sont donc, par ordre chronologique inversé :

  1. Elli et Jacno : Le Téléphone (1983). Quand on se rassure d’avoir mieux vieilli que certains.
  2. Téléphone : Hygiaphone (1977). Une chanson déjà évoquée ici récemment
  3. Nicole Croisille : Téléphone-moi (1976). Inoubliable
  4. The Baronet : Le Téléphone (1975). Un peu inspiré de la chanson suivante
  5. Claude François : Le Téléphone pleure (1974). Incontournable
  6. Nino Ferrer – Le Téléfon (1967). Toujours un coup de cœur et un coup au cœur d’écouter Nino Ferrer. J’ai appris en trouvant cet enregistrement que, depuis 2001, le 6 février – la Saint Gaston – est devenu “Journée mondiale sans téléphone portable”… L’occasion donc de décrocher !