Les survivants du Titanic

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“Et s’il n’en reste qu’un, j’espère que je ne serai pas celui-là…”
D’après Victor Hugo

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76.111 habitants de la grande agglomération où je vis encore.

123.555 Parisiens.

3.7 millions de Français.

18 millions d’Étasuniens.

41 millions d’Européens.

416 millions de terriens.

C’est beaucoup, non ?

C’est énorme.

C’est en proportion des populations concernées, ce que donne le chiffre publié par Le Monde dans sa lettre d’information du jour, dans ce titre brut et sans fioriture :

Un migrant sur 18 meurt en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe.

Un chiffre issu du rapport publié lundi dernier 3 septembre par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) selon lequel, entre janvier et août, près de 1 600 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe, soit un migrant sur 18.

Sur la même période en 2017, c’était un sur 42.

On pourrait ironiser que tout augmente, les profits des plus riches, les inégalités et les migrants qui meurent. Mais le même rapport nous apprend que le nombre d’arrivées de migrants a quant à lui baissé de 41 %.

Certains de mes “semblables” pensent encore que les 17 qui arrivent sont de trop. Ou qu’un sur 18 c’est encore trop peu.

Pour ma part, ce chiffre m’effare comme tous ces naufrages à nos portes d’embarcations surchargées de candidats à l’espoir de partager une vie “meilleure”.

Dans un navire bringuebalant dont on se demande combien de temps il flottera encore. Du pont duquel nous ne regardons plus sombrer les premières victimes.

En pensant que nous serons peut être sauvés ?

La photo du jour représente une embarcation transportant des réfugiés faisant naufrage au large des côtes libyennes le mercredi 25 mai 2016.

(Photo : Marina militare, marine de guerre italienne)

Puisque la photo nous vient de la marine italienne, une chanson qui nous vient aussi de la péninsule, avec L’Uomo Nero, de Brunori Sas, la chanson gagnante du Prix Amnesty International Italie, qui célébrait cette année son 15e anniversaire.

Pour les non italophones, les paroles et leur traduction (en anglais) sont ici.