Ne pas tirer sur la corde

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“L’homme qui se répète n’a pas d’imagination.”
hum

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J’hésite encore à attribuer cette citation à Confucius. Les seules réponses que me donnent google renvoient toutes à … abcdetc. Il faudra que je retrouve un jour la trace de Didier Schmidt qui nous la brandissait jadis, dans la cour de récréation du collège, comme ayant été prononcée par le grand philosophe chinois, avant de conclure, comme dans un dialogue imaginaire : “Je tâcherai de m’en procurer…” Avec un accent chinois caricatural, bien sûr.

Mais si je n’ai aucune source sur cette citation, elle s’applique cependant bien à notre président qui n’a pas hésité, lors de sa présentation de son “plan pauvreté”, à nous resservir la métaphore des premiers de cordée. Adaptée, selon lui, aux circonstances :

Non seulement ce type n’est pas rigolo, mais en plus il n’est pas drôle. Ni aussi intelligent que d’aucuns lui accordent, quand même.

Car il devrait savoir qu’à force de tirer sur les grosses ficelles, elles finissent par craquer.

La réutilisation de son image montagnarde nous rappelle qu’il est bien le président des riches, celui qui a accordé 3 milliards d’allègements d’impôts aux 3000 Français les plus fortunés. Et revenir dessus quand il dévoile un plan de 8 milliards pour… plus de 8 millions de pauvres, même pour un nul en maths, ça fait une sacrée différence entre les premiers de cordées et ceux qui piétinent. Et ne vont sans doute pas rejoindre le clan, de moins en moins triomphal , des marcheurs.

Ni (j’espère) marcher dans la combine qui consiste, dans un tour de passe-passe pas si habile, à transformer l’idée de revenu universel (et inconditionnel) défendue naguère par Benoît Hamon (et depuis longtemps par d’autres) en un revenu universel “d’activité”. Les chômeurs de longue durée apprécieront sûrement. Et cette obsession du travail dans une société où il disparaît ne doit pas nous faire oublier que les “premiers de cordées” se sont plus enrichis par l’héritage, la spéculation ou l’exploitation du travail des autres que par l’effort quotidien d’aller pointer pour gagner 1.710€ par mois (c’est le revenu médian dans notre pays), soit à peine le prix du prochain nouveau téléphone de la marque qui vous prend pour des pommes ou d’acheter 0,2 m2 d’un appartement à Paris.

Passons…

Pour ma part, même si je ne suis ni marin ni comédien ou technicien de théâtre, j’ai eu le vague pressentiment que cette insistance à parler de corde pourrait bien finir par porter malheur au non comique qui nous dirige.

Qu’on ne s’y trompe pas. Je suis autant allergique au meurtre que contre la peine de mort. Qu’on ne vienne donc pas m’arrêter pour je ne sais quelles menaces proférées à l’encontre du chef de l’État.

C’est juste une métaphore.

Et je ne suis pas très doué non plus en la matière.

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Comme l’article du jour dévie un peu de la ligne internationale de ce blougui, j’ai quand même trouvé une photo à l’étranger, en provenance d’Iran, où Majid Kavousifar et Hossein Kavousifar, son neveu, furent exécutés par pendaison pour le meurtre du juge Masoud Ahmadi Moghaddasi, le 2 août 2007. Ça date un peu, je sais, mais elle reste tristement d’actualité : avec plus de 500 exécutions, l’Iran détient le record en matière de peine de mort l’an passé !

(Photo : Morteza Nikoubazl)

A Didier Schmidt qui lisait déjà Minute au collège, comme à tous mes concitoyens nostalgiques de la peine de mort et qui souhaite son rétablissement, je dédie cette chanson d’Oldelaf, judicieusement intitulée… La Peine de mort.

Les autres peuvent aussi écouter et même imaginer la superposition des images de la vidéo ci-dessous avec celles de Macron (j’avais oublié de le nommer) ci-dessus.