Aimer pour toujours

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“Certains pensent que l’amour est au bout de la route et que, si on a la chance de la trouver, on s’arrête. D’autres vous diront que c’est plutôt une embardée, un vol plané, et la plupart de ceux qui ont un peu de jugeote savent qu’il change au fil du temps. Selon l’énergie qu’on lui consacre, on le garde, on s’y accroche ou on le perd. Sauf que, parfois, il est absent dés le premier jour.”
Colum McCann, Et que le vaste monde poursuive sa course folle

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J’ai repensé au roman de Colum McCann, construit autour de la traversée de Philippe petit entre les Twin Towers, le Le 7 août 1974, lorsque j’ai relaté le parcours de Freddy Nock sur les câbles de la “télécabine tricâble la plus haute au monde”, mercredi dernier. Et le titre de son ouvrage me revient souvent quand je pense à la course folle de notre monde.

Ce monde dont j’évite et m’épargne volontairement la violence et les secousses, climatiques et politiques, qui le parcourent toujours.

Il y a toujours mes confrères sérieux pour s’inquiéter – avec insistance – de la montée de l’extrême droite dans ce monde ou – plus occasionnellement – du réchauffement climatique, en évoquant – aussi discrètement que brièvement – l’explosion des inégalités, sans toujours faire de rapport entre toutes ces augmentations concomitantes dont certains osent encore prétendre qu’elles n’ont aucun rapport entre elles…

Et puis j’ai trouvé cette image, en ouverture de la galerie que Reuters consacre aux conséquences du séisme et du tsunami qui ont frappé l’île de Sulawesi, le 28 septembre dernier, dont le bilan toujours provisoire se monte à plus de 2000 morts et encore 5000 disparus.

La femme photographiée a perdu ses trois enfants et, de sa maison totalement détruite, elle a conservé ce lapin. Qui les lui rappelle sans doute.

J’ai toujours une certaine émotion, une affection nostalgique pour les peluches, doudous et autres poupées qui traversent de temps en temps les pages d’actualité ou les articles d’abcdetc, venant percuter ma mémoire d’enfant, encore à fleur de peau quelque part, et mon âme de père, sensible.

J’ai dû zoomer sur l’image pour lire le mot d’amour écrit sur le cœur que tient le lapin que tient la femme. Et j’ai remarqué alors qu’il manquait un œil à la peluche.

Perte dérisoire et symbolique.

(Photo : Jorge Silva)

Depuis septembre 2014, Joss Stone a entrepris un tour du monde ambitieux, le “Total World Tour”, avec l’objectif d’être la première artiste à se produire dans tous les pays du monde, contrairement à beaucoup de ses confrères (et sœurs) qui “prétendent faire des tournées mondiales sans avoir visité ne serait ce que la moitié des pays du monde”. Elle profite de cette tournée pour enregistrer des vidéos avec des musiciens locaux.

Je n’ai pas (encore) trouvé de vidéo en provenance d’Indonésie. Mais le Timor oriental, indépendant depuis 2002, n’est pas si loin.