Ça déborde

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“Ne dites pas à ma mère que je travaille dans la communication, elle me croit poète et amoureux…”

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Je ne sais pas pourquoi je mets des guillemets à la citation du jour, qui est de moi même si elle est inspirée du titre d’un bouquin de Jacques Séguéla, lequel, entre la “force tranquille” avec laquelle il nous a vendu Mitterrand comme un homme de gauche et son éloge de la Rolex sans laquelle une vie est ratée, m’inspire surtout une profonde aversion.

Mais bon, si je préfère ma Lip vintage qui me rappelle un autre idéal vraiment de gauche, il faut bien que je reconnaisse que le travail qui me paye s’exerce dans la communication.

Et je n’en suis pas toujours fier dans une époque où cette activité triomphe.

Bref.

Tout ce long préambule à cause de Theresa May, la Première ministre anglaise venue servir le café dans une association londonienne de lutte contre l’isolement et s’affairant au-dessus de la gamelle (hot water urn en anglais m’apprend la légende) comme si elle avait fait ça toute sa vie.

Comme danser, comme elle le fit il y a une dizaine de jours, ainsi que le relatait un billet récent.

Rassurez-vous, je ne crois pas que la Première ministre viendra parcourir ces pages aussi souvent que les funambules (ou Dieu). J’ai juste réagi en voyant ces photographies sur la futilité de ces gestes artificiels effectués pour les photographes et pour la communication. Petits gestes de la vie quotidienne que n’ont pas nos dirigeants au quotidien, pour nous faire croire quoi ? Qu’ils sont comme nous, qu’ils savent cuisiner, faire les courses ou prendre le métro ? Alors qu’a priori ce n’est pas du tout ce qu’on leur demande et ce pour quoi ils ont été élus.

Mais ça fait partie des nouvelles stratégies de communication.

Comme les petites phrases. Qui accompagnent parfois la photo :

“Je suis venu exprimer toute ma sympathie et mon soutien aux familles des victimes et à toutes celles et ceux qui ont vu leur vie basculer aujourd’hui ou cette nuit.”

Vous aurez compris que je suis passé d’une à un Premier ministre et de Londres à l’Aude, où Edouard Philippe est venu exprimer… gnagnagna, je ne vais pas recopier la citation du tweet.

Au moment où la sympathie gouvernementale aux retraités comme le soutien aux familles les plus pauvres et aux victimes du libéralisme laissent à désirer, la photo et les quelques lignes qui l’accompagnent ont une certaine saveur.

Et toute cette communication insolente et déplacée me ferait sourire si toutes les images et les petites phrases qui défilent sur nos écrans ne faisaient pas écran à l’essentiel, et si derrière même les grands discours, comme celui que j’ai subi de Macron en rentrant chez moi ce soir, qui martelait sa confiance en nous (pour faire remonter celle que nous avons de moins en moins en lui), il n’y avait la réalité, le pragmatisme, un certain cynisme et toutes ces réformes « nécessaires », impératives et qui ont trop tardé. Au réel profit de qui ?

Bourdieu dénonçait les faits divers qui font diversion. Le rôle est rempli aujourd’hui par la communication.

Si j’étais vraiment poète, comme le croyait ma mère, je ne devrais pas m’en plaindre : ça rime !

(Photos : Stefan Rousseau, DR)

J’ai reçu ça aujourd’hui via une des lettres d’infos musicales qui me sont adressées. Et j’ai découvert que la jeune et sympathique Marion Roch est bisontine !

Ça m’a provoqué un moment de nostalgie pour la ville que j’ai dû quitter il y a quelques années…

Et je me suis demandé si ma mère avait réalisé que j’avais déménagé…