Lentement

,

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8
Slide 9
Slide 10
Slide 11
Slide 12
Slide 13
Slide 14
Slide 15
Slide 16
Slide 17
Slide 18
Slide 19
Slide 20
Slide 21
Slide 22

“On marche dans l’inconscience vers des catastrophes en vivant au jour le jour… Personne ne pense à ce problème de temps dont nous souffrons tous.”
Edgar Morin, en introduction du documentaire L’Urgence de ralentir

*

Edgar Morin avait 93 ans lorsqu’il prononçait ces mots devant la caméra de Philippe Borel. J’en ai aujourd’hui 56. Si la nécessité de ralentir se ressent avec l’âge, comment communiquer aux nouvelles générations du “nouveau monde” une conscience de l’urgence de ralentir, individuellement et surtout collectivement. Les “transitions” écologiques ou sociales que nous proposent les “responsables”, avec plus ou moins de sincérité, ne suffiront pas à nous préserver des catastrophes qui s’annoncent chaque jour de manière plus précise. Pas plus que le “développement durable” ne nous permettra d’enrayer notre auto-destruction.

Dans un monde qui risque d’en baver de n’avoir pas ralenti à temps, l’escargot pourrait être un beau totem.

Les escargots envahissent en ce moment les rues de Brighton, en Angleterre. À l’initiative de l’entreprise Wild in art qui les a invités à “être davantage escargot” (#BeMoreSnail), cinquante artistes ont décoré autant de gastéropodes installés à travers la station balnéaire. Cinquante autres escargots juniors ont aussi été offerts à la créativité des enfants et des centaines de reproductions sont en vente à la boutique installée sur place (mais malheureusement pas en ligne, ou alors j’ai mal cherché…)

Cette installation en plein air est destinée à collecter des fonds pour les hospices Marlets qui accueillent les vieux (je sais, on devrait dire personnes âgées) pour les aider à vivre leur vie pleinement jusqu’au bout.

Elle permet également aux habitants et visiteurs de prendre le temps de ralentir. Ce qui n’est pas mal non plus.

L’exposition se déroule jusqu’à la mi-novembre. Je n’aurai pas le temps de m’y rendre. Mais lors de mon périple de l’an prochain, un peu hors du temps, j’essayerai de me souvenir de l’escargot*.

(Photos : Snailspace Brighton, DR)

* Notamment (j’ai failli oublier de l’évoquer comme j’avais oublié d’en parler dans un courrier que j’ai envoyé ce matin accompagné d’une carte postale en escargot de ma création), de Jeremy, rare escargot senestre (1 sur 1 million d’individus) décédé il y a tout juste un an. Qui me paraît être un bien plus beau symbole pour les surdoués, haut potentiel ou autres dénominations toutes imparfaites, que le zèbre…

Pour accompagner la lenteur de l’escargot et la nôtre, quoi de mieux que quelques slows. Qui rappellent, entre autres souvenirs surannés, celui de certaines compagnies…

La sélection de ce weekend est aussi subjective qu’elle fut difficile :

  1. The Moody Blues : Nights In white satin (1967)
  2. Procol Harum : A whiter shade of pale (1967)
  3. Aphrodite’s Child : Rain and Tears (1968)
  4. Joe Dassin : Et si tu n’existais pas (1975)
  5. Nino Ferrer : Le Sud (1975)
  6. Il était une fois : J’ai encore rêvé d’elle (1975)
  7. Santana : Europa (1977)
  8. Umberto Tozzi : Ti amo (1977)
  9. Youssou N’Dour et Neneh Cherry  : 7 Seconds (1994)

Si vous le souhaitez, ajoutez en commentaires les morceaux de votre mythologie personnelle…