Pas de panique !

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“On naît seul, on vit seul, on meurt seul. C’est seulement à travers l’amour et l’amitié que l’on peut créer l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls.”
Orson Welles

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Mon choix de cette citation d’Orson Welles, parmi les 33 (seulement ?) que soumettait Le Monde à ma curiosité, est totalement subjectif. Comme tout ce qui suit et tout ce qui s’écrit chaque jour ici.

On fête – discrètement – aujourd’hui le 80e anniversaire de l’adaptation et la diffusion, par Orson Welles et sa troupe du Mercury Theatre, de La Guerre des mondes de H.G. Wells.

Et l’on pourrait rendre hommage à cette émission mythique qui a élevé la fausse information au rang d’art radiophonique. Et qui a même donné lieu à la fausse rumeur selon laquelle cette invasion d’extra-terrestres relatée en direct aurait provoqué une panique dans la population étasunienne. Les historiens nous révèlent que les auditeurs de CBS n’étaient pas si nombreux ce soir-là. Et peut être moins cons que leurs successeurs téléspectateurs. Ou accros à d’autres écrans…

Écrans où s’épanouissent et se relayent les fausses nouvelles (fake news en français d’aujourd’hui ou infox si vous voulez être d’avant-garde…) dans une époque où il n’y a toujours pas grand monde pour paniquer.

Ainsi, ce matin j’ai entendu dire que selon le 12e rapport Planète vivante du Fonds mondial pour la nature (WWF), 60% des animaux sauvages ont disparu entre 1970 et 2104. Ce qui, sans me faire sortir dans la rue pour crier à l’apocalypse, aurait eu de quoi me faire peur.

Mais j’ai compris, en cherchant les sources pour vous prouve que je ne dis pas n’importe quoi, qu’il s’agissait en fait d’une rediffusion. Il y a deux ans, en 2016, le précédent rapport Planète vivante annonçait en effet une chute de cette population d’animaux sauvage de 58% entre 1970 et 2012 et l’édition de 2014 donnait un déclin de 52% entre 1970 et 2010.

Je ne suis pas allé lire toutes les éditions biennales de ce rapport depuis 1998, mais une étude des chiffres ci-dessus (+52%, +58%, +60%) nous montre un fléchissement de la courbe. Et si la tendance se poursuit, la prédiction faite par le WWF dans son rapport 2016, d’un “déclin [qui] pourrait continuer à s’aggraver jusqu’à atteindre 67% d’ici 2020”, est loin de se réaliser.

On jouerait donc à nous faire peur ?

Et à nous culpabiliser sûrement, puisque le Fonds mondial pour la nature assortissait sa prophétie d’un avertissement : “si nous ne faisons rien pour inverser la tendance…”

Or, à ma connaissance nous n’avons rien fait. On peut donc continuer.

Je vous laisse calculer, à partir des sources que je vous fournis aimablement, la date réellement prévisible de l’extinction de 100% des espèces d’animaux sauvages.

Mais encore une fois, ne paniquez pas : nous autres humains sommes des animaux civilisés… Et je suis sûr qu’on peut trouver des informations affirmant sans doute possible que des extra-terrestres viendront nous domestiquer un jour.

(Photos : BBC, Andy Rouse)

Quant à la photo de l’ours pour représenter les animaux en péril, je fais comme mes collègues qui illustrent leurs articles du jour sur le rapport du WWF avec cet animal si sympathique. Mais moi je l’ai choisi parce qu’Orson est un diminutif d’ours…

Je n’ai pas cherché très longtemps avant de trouver la chanson du jour, via un article chez mes confrères de FIP, dont la sélection musicale m’inspire souvent.

Alexis HK, Comme un ours

En écoutant et regardant cette vidéo, je me suis senti encore plus seul, si possible. Même si je ne pose le soir qu’une assiette sur la table trop encombrée pour en mettre une seconde. Et je suis allé regarder par la fenêtre. Le parking en bas était toujours là…