On peut toujours y croire

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“Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers…”
Jean Ferrat, Nuit et brouillard

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Ce sont les photos du jour de tous ces enfants qui m’ont fait penser à cette chanson de Jean Ferrat. Jean Ferrat qui chaque fois me fait penser à ma mère qui l’adorait. Et quand je pense à ma mère, il m’arrive souvent de penser à mon enfance. Et aux enfants d’aujourd’hui. Surtout aujourd’hui, mercredi, qui reste leur jour, même s’ils sont en vacances cette semaine encore.

Depuis maintenant deux semaines qu’elle est partie du Honduras, je croise chaque jour les photos de la caravane de migrants ont entrepris une traversée de plus de 2000 km à travers l’Amérique centrale à destination des États-Unis. Comme vers une terre promise.

Je sais bien que leur déportation n’a rien à voir avec celle qu’évoquait Jean Ferrat. Et les enfants des photographies du jour ne s’appellent pas Jean-Pierre, Natacha ou Samuel comme dans la chanson. Ils se prénomment Izabel, Cordona, Denzel, Adonai, Atreece, Mauricio, Duan, Chelsy, Eddie, Ian, Josen, Jasabel, Isaac, Karen, Beiyi, si j’en crois les légendes qui accompagnaient les photos que j’ai retenues. Ou ils sont anonymes. Une poignée d’enfants dans une poignée d’images parmi les centaines prises sans doute depuis deux semaines.

Il y aurait plus de 2300 enfants (et 40 femmes enceintes) parmi les 7000 marcheurs qui ont entrepris le voyage. Et dans toutes les images qu’a croisé mon regard depuis deux semaines, ce sont eux que j’ai retenus. Parce que c’est pour eux que nombre de parents ont entrepris le voyage, avec l’espoir de leur offrir une vie meilleure. Et parce que tous les enfants devraient avoir droit à cette vie.

Je sais, je ne suis qu’un rêveur. Et les 5000 militaires que Donald Trump veut déployer à la frontière en guise de comité d’accueil relèvent plus du cauchemar.

Mais en captant quelques sourires, quelques moments calmes ou joyeux, dans cette longue cohorte qui témoigne de la détresse, j’ai juste tenté de retrouver le sourire. L’espoir.

Et j’ai chois de terminer la galerie du jour avec deux amoureux, Israel et Estelle, s’embrassant pendant leur traversée du Rio Novillero, près de San Pedro Tapanatepec au Mexique.

Même sils ne liront jamais mes vœux de bonheur, ça n’empêche rien…

On peut toujours y croire.

(Photos : Ueslei Marcelino, Adrees Latif, Hannah McKay,
Luis Echeverria, John Moore, Rodrigo Abd)

Tony Joe White est mort la semaine dernière. Empêtré dans ma mémoire de deuil, j’ai oublié de lui rendre hommage. Voilà qui est fait.

Du blues en harmonie avec les pensées du moment.