Un président ne devrait pas dire ça…

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“Avant, on parlait de lepénisation des esprits. Mais la trumpisation, c’est la simplification, l’attaque contre les élites, la caricature du système, une espèce de provocation permanente, ce qu’on croit être la gaffe qui va éliminer et qui en fait le renforce. Rien ne l’arrête. Il faut dire aux Français : vous voyez, Trump, c’est exactement ce que l’extrême-droite pourrait faire en France.”
François Hollande (extrait du livre Un président ne devrait pas dire ça…)

“Mais dites-moi : jusqu’où s’arrêteront-il ?”
Coluche, La Revue de presse

*

Le temps que je retrouve mes esprits et les images du jour, mes confrères sérieux ont allègrement couvert l’éviction – ou le bannissement – de Jim Acosta, journaliste de CNN auquel la Maison blanche a retiré son accréditation. Tout en s’empressant d’y ajouter le discrédit, en l’accusant de comportement inapproprié envers la jeune femme venue lui ôter le micro des mains.

De telles accusations venant de Donald Trump qui conseillait “d’attraper les femmes par la chatte”, ça pourrait être savoureux. Mais ce n’est pas drôle.

Évincer un journaliste parce qu’il fait son métier laisse une désagréable impression dans une démocratie et apparaît comme une attaque supplémentaire contre un “quatrième pouvoir”, déjà suffisamment en crise. Entre les concentrations diverses de médias aux mains d’ultra-riches, la perte de crédibilité, la baisse du lectorat et des recettes publicitaires accaparées par les “nouveaux médias”, la situation de la presse est assez fragile comme ça sans que les politiques en rajoutent.

Il serait bien aussi que les journalistes se défendent un peu mieux.

Si la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est déclarée “consterné[e] par la violence verbale du président contre les médias et les tentatives de priver le journaliste de micro pour l’empêcher de poser des questions qui dérangent”, les confrères de Jim Acosta n’ont guère montré de solidarité. Je n’ai vu sur les images* aucun journaliste se lever pour quitter la salle en a compagnie, mais au contraire plusieurs doigts se lever pour prendre la parole dont on voulait le priver. Bel exemple de confraternité !

L’individualisme n’est pas propre au monde médiatique. Mais les travailleurs de ce secteur – comme de tant d’autres – gagneraient à s’unir pour résister aux “grands” de ce monde, qui aiment moins les organes de presse que les réseaux sociaux.

Si Donald Trump est le champion incontesté des tweets (il en est à 35819 au moment où j’écris), notre président n’est pas mal non plus, qui préfère s’exprimer sur les réseaux sociaux, vers lesquels renvoient le site de l’Élysée dès sa page d’accueil, que sur le site officiel en question. En l’explorant l’autre jour pour un précédent billet, j’ai pu constater par exemple que les images les plus récentes de la galerie photo remontent à … juin 2017 (pas d’erreur de frappe) et que la rubrique “réseaux sociaux” ne comporte que … 4 tweets ! dont le plus récent est daté du 23 mai 2017 (pas d’erreur non plus…)

Quant aux relations de notre président avec la presse, elles ne sont pas au réchauffement, Emmanuel Macron ayant même décidé d’éloigner les journalistes de la cour de l’Élysée où étaient jusqu’à présent installés leurs bureaux. Pour leur donner plus de place pour travailler, bien sûr, selon la version officielle.

Fin de la parenthèse nationale.

Au jeu du “ça pourrait être pire”, les journalistes, évincés ou éloignés, peuvent toujours se consoler de rester en vie quand 56 de leurs collègues ont déjà perdu la vie depuis le début de l’année “en raison de leurs activités professionnelles”, déplore un rapport de Reporters sans frontières. Bilan au 1er octobre dernier, soit la veille de l’assassinat de Jamal Khashoggi, au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

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Je ne résiste pas, à ce sujet, à rajouter trois photos à celles du jour. Sur la première, prise devant la Maison blanche le 19 octobre dernier, figurent un faux Donald Trump et un faux Mohammed ben Salmane (je le précise pour qu’on ne m’accuse pas d’infox). Mais la seconde, prise le 20 mars dernier dans la Maison blanche, témoigne d’une bonne entente entre les deux vrais personnages.  Quant à la troisième, qui date du 20 mai 2017, elle témoigne du fait que Donald Trump peut, quand il le veut (ou quand les circonstances l’exigent ?), faire preuve d’une certaine docilité.

(Photos : Jonathan Ernst, Jim Watson, Evan Vucci, Kevin Lamarque,
Kevin Dietsch, Win McNamee)

*Erratum : En regardant la rediffusion de l’empoignade entre Donald Trump et Jim Acosta, j’ai pu constater que son confrère de la NBC, Peter Alexander, l’a fièrement défendu. J’ai été atterré par contre des attaques anonymes contre la presse via les commentaires sous la vidéo

Euh…

Avant d’être une des plus grandes chanteuses de blues (et sans conteste la plus “généreuse”), Candye Kane était actrice pornographique. Mais n’y voyez aucune allusion aux personnes évoquées plus haut. Pas plus qu’il n’y a de rapport entre le titre de la chanson du jour, Masterbation Blues, et…

Je vous expliquerai une autre fois.