Qui suis-je ?

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“Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie s’installe en toi,
Pense à moi
Pense à moi…”
Message personnel, chanson de Michel Berger par Françoise Hardy

*

J’ai bien conscience que l’auteur de ce blougui, sur lequel se posent de moins en moins de regards, pose autant son regard sur lui-même que sur le monde, comme son sous-titre continue pourtant de le prétendre son sous-titre. Et que les articles prennent parfois (régulièrement ?) un tour plus personnel. D’où peut-être la citation du jour.

Disons que je me cherche encore, comme je continue de me demander ce que je ferai quand je serai grand.Même si j’ai bien conscience de vieillir. Et aucun regret que ça se produise.

Ce qui me distingue (entre autre) d’Emile Ratelband.

Sous prétexte que nous pouvons aujourd’hui “choisir notre travail, genre, orientations politique et sexuelle [et même] de nom, pourquoi ne pas avoir le droit de changer d’âge ?” Et il a déposé une demande au tribunal pour que sa date de naissance soit modifiée, pour passer du 11 mars 1949 au 11 mars 1969.

Et hop ! 20 ans de moins… Qui lui permettraient de plus être “victime de discriminations”, sur le marché de l’emploi ou celui de la rencontre.

“À 69 ans, je suis limité. À 49 ans, je pourrai acheter une nouvelle maison, conduire une voiture différente, a-t-il expliqué. Je pourrai accepter plus de travail. Quand sur Tinder j’indique que j’ai 69 ans, je n’obtiens aucune réponse. Mais quand j’aurai 49 ans, avec mon visage, ce sera beaucoup plus facile.”

Emile Ratelband a peut-être oublié que, lorsqu’il avait passé une annonce pour recruter une mère porteuse pour son 8e enfant, il avait reçu 80 réponses. Malgré son grand âge…

J’ignore ce que ce coach personnel “spécialisé dans le développement de la conscience de soi” envisage de faire des 20 ans ainsi escamotés. Il pourrait toujours écrire un nouveau bouquin, titré À la recherche du temps perdu.

Cette demande de changement m’a rappelé celle de Rachel Dolezal, militante de la cause noire complètement blanche qui milite pour sa “trans-racialité” ou les pétasses du niggerfishing, ces influenceuses blanches qui se font passer pour noires, que j’ai découvertes en préparant cet article, qui me paraissent plutôt sous influence. Mais de quel syndrome ?

Pour ma part, même si je subis quelque discriminations à embauche (et à la rencontre amoureuse), et qu’il me prend parfois l’envie de ne pas être concitoyen de mes concitoyens blancs et beaufs, je suis désagréablement interpelé par ces demandes diverses de changements en tous genres (si j’ose dire).

Je me souviens d’un temps où l’on parlait de “Changer la vie”. C’était le titre du programme du parti socialiste en 1972, repris en exergue du Programme commun un an plus tard… C’était même une chanson, écrite par Herbert Pagani sur une musique de Mikis Theodorakis (dont je ne pense pas que Jean-Jacques Goldman se soit inspiré pour écrire la sienne, une quinzaine d’années plus tard, même si j’ai appris au passage que François Mitterrand puis Lionel Jospin crurent bon de s’en servir pour leurs campagnes…)

Aujourd’hui, plus personne ne croit plus que le changement social soit pour maintenant ou même pour un peu plus tard. Et l’espoir du grand soir a laissé place aux injonctions au pragmatisme, qui rime pour sa part avec individualisme comme avec libéralisme.

Il est peut être normal dès lors que chacun change ce qu’il peut. Ou veut. Conformément au libre arbitre que revendique Emile Ratelband, tout en demandant l’arbitrage d’un tribunal…

Je le répète : je n’ai pour ma part aucune envie de changer d’âge, de race, de sexe ou de quoi que ce soit d’autre (ou presque*). J’aurais pu hésiter un moment à changer mon signe astrologique (Verseau) pour ne pas être confondu avec Giscard ou Sarkozy. Mais il y a des brebis galeuses de tous signes. Et puis chez nous, il y a Prévert.

Ça y est… Vous avez compris les photos du jour ?

Je n’alllais quand même pas polluer ce blougui avec des images d’Emile Ratelband qui, même si son médecin trouve qu’il ne fait pas ses 69 ans, ne les fait plus, selon moi.

(Photos : Robert Doisneau)

*Ceux qui peuvent m’aider à changer de boulot et de lieu de vie sont toujours les bienvenus…

Dans mon combat contre l’âgisme, des cons comme Emile ne sont pas vraiment de bons soutiens.

Liz Van Deuq, avec sa chanson Des rides… me déride.