Convergence des luttes

Slide 1

« Radio-Paris ment, Radio-Paris, ment… Radio-Paris est allemand. »
Slogan de Jean Oberlé, transmis par Pierre Dac sur Radio Londres

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Au moment où j’entame l’écriture de cet article, France Culture s’interroge sur la critique des médias pouvant aller jusqu’à la haine.

« Climat tendu et de guerre civile, disparition de la démocratie apaisée victime d’une polarisation et d’une violence extraordinaires », pérore Brice Couturier, l’un des plus grands thuriféraires du macronisme.

Et son confrère invitant de France-Culture, Hervé Gardette, d’en rajouter une couche sur la bienveillance médiatique à l’égard des gilets jaunes.

Contredit quand même par une autre invité, Aude Lancelin, directrice du Média, qui cite Noam Chomsky qui rappelait que « la propagande est à la société démocratique ce que la matraque est aux sociétés totalitaires ».

Bref.

Je ne vais pas vous faire le verbatim d’une émission que vous pouvez réécouter ici et dont je m’étonne vu le titre que n’y soit invité aucun représentant d’Acrimed, spécialistes de la … critique des médias.

Mais pour rebondir sur la citation de Noam Chomsky, j’ai comme l’impression ces derniers temps, vu les quelques images que j’ai vues des manifestations des gilets jaunes, et de leur répression, ainsi que la manière d’en parler depuis les rédactions parisiennes, nous avons droit à la fois à la propagande et à la matraque.

Propagande médiatique qui nous a vendu un « petit candidat » à la dernière présidentielle comme le seul recours contre la montée de l’extrême droite. Et porte une certaine part de responsabilité du mépris et de l’injustice sociale que subit le (petit et moins petit) peuple de la part de notre nouveau président des riches, digne successeur de Nicolas Sarkozy.

La mobilisation des gilets jaunes (et d’autres protestataires ?) se poursuivra donc demain, avec sans doute de nouveaux matraquages. Médiatiques et policiers.

Car si l’image du jour n’est pas un montage (contrairement à la « photo » de Carlos Ghosn de la semaine passée), ce n’est pas chez nous que les forces de l’ordre ont enfilé leur gilet jaune. Mais en Colombie, où des milliers d’étudiants, de professeurs et de syndicalistes manifestaient mercredi dernier, pour demander – entre autres – plus de moyens pour l’éducation.

Et si je doute que les bulles de savon dérident vraiment le casqué de la photo, j’ai un peu l’impression que la colère de mes concitoyens éclatera peut être davantage, mais pas pour disparaître comme une bulle de savon.

(Photo : Carlos Julio Martinez)

Je n’ai quand même pas envie de jeter ma radio nationale. Et c’est d’ailleurs via FIP que j’ai fait la connaissance de Rami Khalifé, compositeur et pianiste franco-libanais, dont le dernier album, Lost, est sorti ce mois-ci, accompagné d’une vidéo un peu folle…