Nom de Dieu !
(Allez savoir pourquoi)

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« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! »
Évangile selon Saint Matthieu (Discours sur la montagnes ou les Béatitudes)

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Ma mère aimait beaucoup les Béatitudes… Mais elle ne comprenait rien à la théorie de la relativité ni à aucune science, y compris celle de la cuisine.

Si mes talents culinaires sont plus développés, mon rapport à Dieu est plus ténu que le sien et largement plus dubitatif. Même si le personnage revient souvent dans les pages de ce blougui (je laisse compter ceux qui le souhaiteraient).

Mais je ne suis pas seul à douter.

« Le mot Dieu n’est pour moi rien d’autre que l’expression et le produit des faiblesses humaines, et la bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives. »

C’est Albert Einstein qui s’exprimait ainsi, en 1954 un an avant sa mort, dans une lettre adressée au philosophe Eric Gutkind. Une missive vendue cette semaine aux enchères pour la modique somme de 2,89 millions de dollars.

J’ai aussi comme un doute quand je vois ces mots se négocier aussi cher. Et multiplier leur prix par 7 en 10 ans (le précédent propriétaire avait déboursé 404.000 dollars en 2008).

Je sais qu’à part la rime (pauvre) il y a peu de rapport entre Einstein et le Yémen. Je sais aussi que ces 3 millions de dollars (à peine 2,5 millions d’euros) seraient loin de suffire pour venir en aide aux millions de personnes souffrant de famine et manquant même d’eau potable au même moment au Yémen.

Et je sais qu’il est trop tard pour sauver la petite Hajar, dont le père tenait encore la main après sa mort dans un hôpital de Sanaa, le 15 novembre dernier.

Allez savoir pourquoi j’ai repensé à cette photo en apprenant la vente des doutes du plus grand physicien du siècle dernier…

Une idée étrange dans un monde fou, où aucun Dieu n’a le privilège d’être primitif. Ni le pouvoir d’apaiser notre faim et notre soif. Primitive et de justice !

(Photos : Shannon Stapleton, Mohamed al-Sayaghi)

J’aurais pu garder cette chanson, écrite et enregistrée par Elmore Jamela en 1959, pour une mosaïque de reprises demain ou un autre weekend.

Mais en cherchant la musique du jour, j’ai entendu cette reprise de The Sky Is Crying par Gary B;B Coleman. Et allez savoir pourquoi, j’ai glissé ce blues ici…