Regards sur 2018 : Novembre

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Slide 1

“Je sais, un peu partout, tout le monde s’entretue, c’est pas gai, mais d’autres s’entrevivent, j’irai les retrouver.”
“Notre vie n’est pas derrière nous, ni avant, ni maintenant, elle est dedans.”
Jacques Prévert

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Deux citations d’un autre grand Jacques, qui lui aussi refusa la légion d’honneur après s’est moqué d’Aragon quand il refusait la sienne :
“C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée.”
Remarque reprise depuis par le Canard enchaîné.

La rétrospective 2018 touche à sa fin.

Après cette nouvelle pensée pour Prévert qui revient si souvent dans ces pages, voici donc trois images du monde en novembre.

Après les funambules et autre monte-en-l’air du mois dernier, ces deux équilibristes sur la barrière de séparation entre le Mexique et les États-Unis, ne m’ont pas procuré le même vertige. Mais cette image a apporté, comme je l’écrivais alors, une note presque poétique dans le flot d’images de détresse de trop de migrants bloqués dans leur rêve d’avenir, par trop de frontières injustes dans un monde où nous sommes censés naître égaux.

Une autre photo, en clin d’œil à notre actualité hexagonale de cette fin d’année (et de la prochaine?) aussi jaune que la charte graphique de l’endroit qui me paye pour y travailler, en provenance de Colombie, où ce sont les flics qui enfilent les gilets. Plus une bulle de savon comme je continue de les aimer.

Et une dernière photographie, qui fait elle écho à l’actualité de septembre en Palestine. Une autre rentrée des classes “extraordinaire” dans un environnement ordinairement terrible et violent, avec quelques enfants sortant de l’école dans les ruines de la ville de Mossoul, qui n’en finit pas de se libérer de mois d’occupation par l’état islamique. Et qui mettra combien de temps à se reconstruire ?

Et toujours ce besoin de Prévert… Et cette envie de changer. Peut-être pas le monde, mais parfois de monde, avec une image parue parmi d’autres, quand je m’interrogeais sur mon (nos) identité(s)…

C’est sans doute une des plus belles vidéos diffusées ici durant 2018. Celle de Karim Wasfi jouant du violoncelle dans les ruines de Mossoul, pas loin peut-être des enfants sortant de l’école.