Pénuries en chaîne

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– Mais tu es vraiment contente que ton père ait acheté une voiture pareille ?
– Bien sûr Miguelito.
C’est une des rares voitures où l’important reste la personne…

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Merci pour la “citation du jour” à Quino et à sa célèbre Mafalda, qui n’a pas eu la légion d’honneur mais dont j’ai salué (il y a près de 10 ans, déjà !) l’installation de sa statue à Buenos Aires.

Je n’ai plus de voiture et donc pas de gilet jaune. Cela ne m’empêche pas d’être solidaires avec ces derniers (sauf une partie bien trop droitiste et nationaliste pour ma sensibilité) et avec les pauvres automobilistes, victimes d’une erreur de développement de nos sociétés (et parfois, oui, d’une propre erreur sur les importances relatives des choses et des personnes).

Bref.

Les Mexicains, eux-aussi, se sont plaints naguère des prix toujours à la hausse de leurs carburants. Mais ces derniers jours, ils ne regardent pas à la dépense ni au temps d’attente pour parvenir à faire leur plein. Voire à simplement rapporter de la station-service un petit bidon de 10 litres qui leur permettra de parcourir quelques kilomètres.

Car, malgré les exhortations de leur président, Andres Manuel Lopez Obrador, les appelant à agir de façon calme et prudente, sans paniquer, sans écouter les informations alarmistes et biaisées…”, ils craignent la pénurie d’essence qui menace leur pays.

Une pénurie causée par la décision présidentielle de fermer – provisoirement – les oléoducs de la compagnie pétrolière d’Etat Pemex, victimes de trop nombreux siphonnages : plus de 10 000 en 2017 (contre seulement 186 en 2012), soit un manque-à-gagner estimé à 3 milliards de dollars. Des milliards pas perdus pour tout le monde, puisque les gangs criminels, coupables des détournements de carburant, le revendent au marché noir, pratique connue sous le nom de “Huachicol”.

Et si je comprends bien, le marché noir ne peut plus pallier la pénurie.

Je me suis toujours demandé comment réagirait notre humanité devant une pénurie, souhaitant de tout cœur ne pas assister à la bagarre pour la dernière bouteille d’eau disponible, dont je reste persuadé qu’elle finira écrasée par une foule hystérique sans que personne ne puisse en boire le contenu.

Au vu des images du jour, les Mexicains restent plutôt calmes. Ce qui s’explique peut être par la présence policière et militaire pour protéger les installations pétrolières. Ou par l’importance finalement non vitale de l’automobile ?

On ignore encore par contre la réaction de leurs voisins étasuniens si doit se produire une pénurie d’avocats, et donc de guacamole, pour la finale de football américain, le Super Bowl, le 3 février prochain. À cause de la pénurie mexicaine, seules 20.000 tonnes de fruits sur les 120.000 “nécessaires” ont pu être expédiées pour le moment.

Est-ce que Donald Trump va faire quelque chose et oublier juste un instant son mur obsessionnel pour s’occuper de cette crise ?

(Photos : Alan Ortega, Charles Cuin, Daniel Becerril, Enrique Castro,
Felix Marquez, Pedro Pardo, Ulises Ruiz)

Une vision d’avenir ?

Dans cette station-service de Morelia, il n’y peut-être plus d’essence, mais une fanfare est venue consoler les automobilistes en jouant du “Sinaloa”.

Ignorant de quoi il retournait, je suis allé en quête, et via la chaîne youtube Silanoa Music, je suis arrivé jusqu’à Solo con verte, par Banda MS.