Crise de l’insouciance

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“Les rêves comme les utopies ne sont pas pour être réalisés, mais pour donner un sens à la réalité.”
“Après tout, nous sommes ce que nous faisons pour changer ce que nous sommes.”
Eduardo Galeano

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Je sais… Eduardo Galeano (1940-2015) est un auteur uruguayen et les photos du jour nous viennent d’Argentine. Mais j’ai bien aimé les deux citations que j’ai trouvées, de celui qui a écrit sur toute l’Amérique latine. Et je fais ce que je veux.

Bref.

C’est don en Argentine que plusieurs milliers de personnes ont manifesté, jeudi dernier, pour protester contre les mesures d’austérité, décidées par leur président, Mauricio Macri, suite à un accord conclus en juin dernier avec le Fonds monétaire international (FMI). Lequel, n’ayant guère d’imagination et aimant bien se répéter, a promis une aide de 50 milliards de dollars en échange de nouvelles réductions de dépenses et des hausses de taxes et d’impôts. Pour ramener le déficit à zéro.

Conséquences ?

Une inflation de 44% fin 2018, un budget 2019 marqué par une baisse de 6% des dépenses sociales, tandis que le chômage se maintient à 9% et que le taux de pauvreté avoisine les 30%. Et 50% chez les enfants !

La hausse du coût des transports et de l’énergie (les prix de l’électricité et du gaz ont été multipliés par 2000 depuis l’élection de Mauricio Macri en 2015) ont été les déclencheurs de la manifestation de jeudi, organisée à l’initiative de plusieurs syndicats, et qui – comme notre mouvement national des gilets jaunes (chalecos amarillos en VO argentine) – devrait se reproduire hebdomadairement.

Pour éviter la confusion, les manifestants ont préféré les flambeaux aux gilets, et le mouvement naissant est désignée par certains confrères locaux (ou pas) comme marcha de antorchas (marche des torches).

Torches réelles, à ne pas confondre non plus avec Jan Palach, dont on se souviendra dans quelques jours de l’immolation (il y a 50 ans) pour protester contre l’écrasement du Printemps de Prague.

Plus encore que le témoignage de résistance, de l’expression de l’absolue nécessité de voir changer le monde et de le débarrasser des odieux “impératifs” financiers qui l’étranglent, et au-delà de l’espoir que portent ces torches allumées, comme les signes d’une lumière dans la nuit qui nous entoure… c’est l’image de cet enfant sous le long drapeau que j’avais envie de garder pour conclure. Et que je reproduis une nouvelle fois ici.

Parce que notre besoin d’insouciance est sans doute le plus urgent, le plus impératif. Mais peut-être bien le plus accessible.

(Photos : Natacha Pisarenko, Marco Brindicci, Emmanuel Fernandez, Gustavo Garello, Juan Ignacio Roncoroni, Rolando Andrade Starcuzzi, Ronaldo Schemidt)

Je suis en train de découvrir Kate Tempest à travers son bouquin Écoute la ville tomber (The Bricks that built the houses).

Mais la jeune femme a commencé à se faire connaître comme chanteuse et poétesse. Europe is Lost a été son premier succès. Je suis allé en chercher les paroles en espérant que tout ne soit pas perdu !

To sleep, to dream, to keep the dream in reach…