Délatéralisation

Slide 1

“Il n’y a pas dans mon cœur un petit coin spécial pour le ghetto : je me sens chez moi dans le monde entier, partout où il y a des nuages, des oiseaux et les larmes des hommes.”
Rosa Luxemburg

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Pour diverses raisons autant personnelles que professionnelles* (du travail qui me paye), j’ai un peu beaucoup de mal à trouver le sommeil ces temps-ci. Du coup, j’ai aussi du mal à trouver le réveil et ce matin je lui ai mis un coup sur la tête avant de me rendormir pour une bonne heure. Moralité : je me suis levé à une heure inhabituelle et me suis retrouvé avec un programme radio décalé. J’ai donc bu mon café en écoutant Le Billet politique de Frédéric Says sur France-Culture, que j’entends rarement, parce que je suis souvent arrivé au travail (qui me paye) avant son heure de diffusion (8h16).

Bref.

Ce matin, le confrère évoquait le déboussolement de nombre de nos concitoyens avec la disparition du clivage gauche-droite qui ne continuerait à structurer notre vie politique qu’autour de quelques thématiques “comme le rapport à l’immigration ou à l’impôt”.

Je passe sur l’omission par Frédéric Says de la PMA pour toutes (dont les doutes que je n’émets plus publiquement à ce sujet – sauf ici ce soir – m’ont valu plusieurs fois de me faire traiter de réactionnaire) ou des traces de caca au fond des toilettes publiques et collectives (dont je ne suis pas parvenu à retrouver l’article lu jadis qui différenciait les gens de gauche qui pensent à nettoyer de ceux de droite qui pensent que quelqu’un le fera à leur place*).

Et je me demande, au regard du test express réalisé ci-dessus (oui, moi je nettoie la cuvette pour ne pas y laisser de traces douteuses de mon passage) qui me situerait à 50/50, si je peux moi même me revendiquer encore comme étant de gauche.

Je vais continuer à y réfléchir car pour moi le clivage et la différence ont encore du sens. Et pour m’y aider je vais aller finir la lecture de cet article que j’ai trouvé en cherchant des informations complémentaires sur Rosa Luxemburg, dont le centenaire de l’assassinat (et celui de Karl Liebknecht), le 15 janvier 1919, a été célébré dimanche dernier à Berlin (notre photo du jour) par quelques milliers de militants ou sympathisants d’une “gauche morose et profondément divisée”.

Tant qu’il y a division, c’est qu’il existe quelque chose ? Et j’espère autre chose que le “Mémorial des socialistes” où se recueillaient dimanche les militants de Die Linke.

(Photo : John MacDougall)

* Non, je ne dénoncerai pas mon “collègue” qui laisse régulièrement des traces de son passage aux toilettes. Mais en cherchant (vainement) l’article sur les relicacas de gauche et de droite, j’ai trouvé cette belle phrase dont je vais peut être me servir : “Les lutins se fichent bien de faire la vaisselle, mais ne savent malheureusement pas se servir de la brosse à chiottes. Merci de leur filer un coup de main.”

Pas vraiment fan du rythme quelque peu martial de la chanson Auf, auf zum Kampf, zum Kampf !, écrite par Bertolt Brecht en hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht (et malgré une vidéo qui évoquait mes vœux annuels que je vous présente à nouveau), j’ai cherché un ou une autre artiste allemand(e).

C’est comme ça que j’ai fait la connaissance d’Hélène Fischer, dont j’ignorais jusqu’alors l’existence, alors qu’avec 32 millions de dollars de revenus annuels (selon mes confrères des Échos qui s’y connaissent en gros sous) elle doit bien avoir aussi quelques millions de fans.

Mais pas moi.

Mais je n’ai pas renoncé à dénicher une chanteuse germanique audible et c’est ainsi que j’ai découvert Melane Nkounkolo, originaire du Congo-Brazzaville mais désormais bel et bien allemande, qui a sorti en 2017 un premier album plutôt réussi, Four, en compagnie du groupe Three Fall. Extrait.