Eva et Yvon sont dans un bateau

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L’Express. — Mais alors, si tout le monde est également ignorant ou pas ignorant, d’où vient la différence entre les gens ?
Raymond Queneau. — Dans une certaine façon d’enrober, de mettre la sauce. Dans Zazie dans le métro il y a un personnage (qui rappelle les autres à l’ordre, c’est Laverdure, le perroquet. Il dit toujours : « Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » Dès que les gens commencent à envelopper ce qu’ils disent, à « mettre la sauce », c’est le rappel à l’ordre.
Propos recueillis par Marguerite Duras – L’Express, 22 janvier 1959

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Moi qui ai bien du mal à supporter une réunion de deux heures sans bailler, j’ai été quand même impressionné par la performance de notre président qui a tenu hier un débat de 7 heures avec quelques centaines de maires, dont plus de la moitié à tenir le crachoir.

Je me suis demandé en voyant l’information s’il avait également tenu tout ce temps sans pisser non plus et me suis un peu inquiété pour ses reins.

En même temps (comme il dit encore peut être mais je ne l’écoute plus), je sais par expérience qu’il lui est facile de parler pour ne rien vraiment dire. Comme à beaucoup d’autres. Et je sais aussi que parler n’est pas faire. Notion que j’essaye d’expliquer, sans aucun succès, à ceux qui me dirigent, de plus près encore que Macron, beaux ou moins beaux parleurs qui pensent encore qu’ils possèdent une parole performative.

Non, le dire ne remplace pas le faire, tellement souvent plus discret, comme la communication ne remplace pas l’action et pratique de plus en plus la diversion. Et je sais de quoi je parle : la communication est mon métier, même si je préférerai toujours que ma mère (paix à son âme) continue de me croire poète.

Bref.

Je pensais enchaîner avec une sorte de métaphore, grâce une information futile entendue en fin de semaine dernière, m’apprenant qu’un paquebot de croisière a dû faire demi-tour pour cause d’épidémie de gastro-entérite. Laquelle aurait touché 475 des 6,823 passagers, privant tout le monde d’une “expérience inoubliable” dont ils avaient prévu qu’elles seraient d’un autre type.

Mais je ne suis pas très doué pour les métaphores. Je me suis emmêlé entre le toujours chiant Macron se retenant de pisser pendant 7 heures, tous ces braves croisiéristes qui en ont vraiment chié, littéralement, la difficulté pour notre monde et notre société – qui en chient – de faire demi-tour et de trouver où faire escale… Et je n’ai même pas trouvé d’image du retour à bon port de l’Oasis of the Seas ou de sa désinfection.

J’ai dû me contenter de cette photo d’archives qui montre le baptême du navire à son lancement et pas les chasses d’eau de la croisière ratée.

Et pour compenser, j’ai tenté de trouver une image du Norovirus, dont j’ai appris par mes confrères qu’il était responsable de l’épidémie. Mais en tapant ce nom dans un moteur de recherche de photos, j’ai eu des résultats si divers que je ne sais plus trop à qui j’ai affaire.

Je n’ai pas trouvé non plus de chute acceptable, à part dire que je me ferais moi aussi bien chier si je devais passer une semaine à bord d’un bateau qui ressemble à une barre hlm…

Ah si ! Donner aussi l’explication du titre, qui évoque une anecdote que je n’ai malheureusement jamais pu vérifier, selon laquelle M. et Mme Hanchié auraient prénommé ainsi leurs deux enfants.

Oui, bon…

(Photos : DR)

Puisque c’est le thème du jour… J’ai bien aimé cette prestation du groupe Babel, comme d’autres productions trouvées via leur site Internet.