Pour une goutte d’Amrita

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8
Slide 9
Slide 10
Slide 11
Slide 12
Slide 13
Slide 14
Slide 15
Slide 16
Slide 17
Slide 18
Slide 19
Slide 20
Slide 21
Slide 22
Slide 23
Slide 24
Slide 25
Slide 26
Slide 27
Slide 28
Slide 29
Slide 30
Slide 31
Slide 32
Slide 33
Slide 34
Slide 35
Slide 36

« […]
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit !
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. »
Prière amérindienne »
Charlotte Newashish-Flamand
Amérindienne de la nation Atikamekw de Manawan

*

Puisque après avoir eu droit à la lecture de cette “prière indienne” aux funérailles de ma mère, il y a un peu plus d’un an, j’ai fini par découvrir qu’elle était plutôt d’inspiration amérindienne, je profite de l’article du jour pour vous éviter d’avoir l’air aussi con que Christophe Colomb (lequel n’a rien à voir non plus avec un certain Gérard avec deux l… Au cul ? Je m’égare, fermons cette parenthèse.)

Bref.

Vous avez peut être repéré que les photographies du jour, elles, viennent bien d’Inde, et plus précisément d’Allahabad, où se déroule, depuis mardi 15 janvier dernier, la Kumbh Mela.

Ce n’est pas le première fois qu’abcdetc consacre un article à ce pèlerinage qui se passe d’une ville à une autre parmi les quatre lieux où tombèrent jadis selon la légende les quatre gouttes du nectar divin, l’Amrita, que se disputèrent les dieux et les démons : Haridwar, Ujjain,  Nashik et donc Allahabad, dont j’avais publié déjà quelques dizaines de photos il y a tout juste 6 ans (et sous le même titre)…

Même si, Dieu m’en garde, je n’ai aucune inclinaison à l’hindouisme, j’ai toujours une certaine fascination pour les images de cette cérémonie d’une ampleur inégalée, même par le pèlerinage à la Mecque. Plus de 130 millions de personnes sont attendues à Allahabad au cours des 7 semaines que doit durer l’événement et l’on a dénombré plus de 20 millions de baigneurs la première journée.

De quoi faire déborder le Gange !

Mais tout a été prévu depuis des mois pour accueillir les fidèles, du campement de 3000 hectares aux latrines que les intouchables seront priés de nettoyer et de vider, en passant par l’approvisionnement des marchés et restaurants et l’installation du wifi gratuit dans plusieurs lieux de la ville.

À quelques mois des législatives, les politiciens se sont aussi invités aux festivités, parmi lesquels bien sûr le Premier ministre, Narendra Modi, dont des effigies de carton sont même installées dans la ville, qu’il a même officiellement rebaptisée Prayagaj, pour tenter de la “libérer” d’un nom à consonance par trop musulmane.

Comme certains confondent Indiens et Indiens, les extrémistes religieux du BJP actuellement au pouvoir aimeraient bien qu’on confonde hindous et Indiens. Faisant fi des près de 180 millions de musulmans (14,5% de la population) et tentant de les marginaliser et les invisibiliser. En passant par diverses discriminations et autres persécutions…

Si Dieu ou les milliers de Dieux du Mahâbhârata existaient, je ne suis pas sûr qu’ils approuvent les injustices commises en leurs noms. Mais je n’ai pas de relation avec ces individus. Ce que je sais par contre c’est que la fragile séparation de la religion et du politique régresse en Inde, qui n’est pas qu’hindouiste. N’en déplaise aux excités nationalistes et religieux. Et à mes concitoyens qui continuent de vouloir voir dans ce pays une inspiration pour une spiritualité en panne.

Il restent de belles images fascinantes. En espérant qu’elles ne deviennent jamais fascisantes…

(Photos : Sanjay Kanojia, Rajesh Kumar Singh, Bernat Armangué,
Chandan Khanna, Danish Siddiqui, Rajat Gupta)

Les hôtels d’Allahabad affichent évidemment complet pour quelques semaines. Mais vous pouvez toujours réserver une des nombreuses chambres de l’Hôtel California (évoqué par une commentatrice cette semaine) où il y a de la place toute l’année.

Pour vous aider à choisir votre chambre, voici (en vrac) 6 versions de cette chanson qui, dans sa version originale, me coûta jadis quelques francs dans les juke-boxes…