Classique ?

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« Si le climat était une banque, les pays riches l’auraient déjà sauvé. »
« Ne changeons pas le climat, changeons le système et, par conséquent, nous commencerons à sauver la planète. Le capitalisme, le modèle de développement destructif est entrain d’en finir avec la vie, et menace certainement d’en finir avec l’espèce humaine. »
Hugo Chávez (1954-2013) : Discours à la Conférence de Copenhague sur le climat (COP15), le 18 décembre 2009

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Les lecteurs les plus assidus l’auront remarqué et je le signale aux autres : il y a un bon moment que ce blougui s’abstient de parler du Venezuela.

D’abord parce que, même si mes doutes sur l’évolution du régime après le remplacement d’Hugo Chávez par Nicolás Maduro allaient s’accentuant à la lecture ici ou de quelques informations plutôt objectives, la masse d’informations en provenance du pays me paraissaient (et me paraissent encore) quelque peu partisanes et largement subjectives.

Je n’ai pas oublié, entre autres déferlements, la montée du Venezuela à la une de nos médias, juste quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle en 2017, dont on ne saura jamais combien d’électeurs elle a réussi à convaincre de se détourner du candidat de la France insoumise.

Bref.

Je me suis surpris à sursauter ces jours derniers, en entendant et lisant que Juan Guaidó, jusqu’alors président de l’Assemblée nationale, recevait de plus en plus de soutiens internationaux depuis sa prestation de serment en tant que président de la République par intérim le 23 janvier dernier. Jusqu’à notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, considérant ce matin que Juan Guaidó « a la légitimité pour organiser des élections », suivi dans la foulée par Emmanuel Macron, s’exprimant sur un réseau social privé en même temps que sur le site officiel de la présidence pour affirmer que « La France reconnaît Juan Guaido comme “président en charge” pour mettre en œuvre un processus électoral ».

Le tout bien sûr au nom de la démocratie et du droit des Vénézuéliens à « s’exprimer librement » ! Et avec l’appui de notre presse libre se félicitant des milliers de manifestants soutenant le « nouveau président », sans jamais (ou alors j’ai raté l’article d’exception) nous en donner un chiffrage exact (comme mes confrères savent si bien le faire en relayant le nombre manifestants en gilets jaunes donné chaque samedi par notre ministère de l’Intérieur : 58.600 “précisément” samedi dernier…) ou nous relater dans le même détail les manifestations de soutien au président élu, Nicolás Maduro.

Ainsi de mes confrères du Point évoquant une marée humaine à Caracas samedi, alors que les photos de manifestations que j’ai pu trouver montrent qu’il y a avait bel et bien deux marées. Ou mes confrères de Reuters qui consacrent une galerie complète au rassemblement anti-Maduro mais ne nous proposent pas de photographies des opposants eux opposants…

Sans tomber dans le complotisme, ni me poser en soutien absolu de Maduro, ni balancer vers un autre manichéisme, j’ai comme l’impression que la fameuse objectivité brandie par mes confrères et fort remise en cause ces derniers temps (voir l’indice de confiance dans les médias au plus bas !) est une nouvelle fois sujette à caution en ce qui concerne l’actualité vénézuélienne.

D’où mon silence réitéré depuis quelques temps, dont je sors aujourd’hui.

Parce que j’en ai un peu marre de sursauter sans rien dire.

Et parce que j’ai enfin réussi à lire un article proposant une « analyse de fond de la situation vénézuélienne ». C’est d’ailleurs le sous-titre de cet éditorial de l’Argentin Roberto Saenz, directeur de Socialismo o Barbarie, aimablement traduit par mon confrère blogueur Jean-Marc B.

Article qui rappelle (entre autres) que Juan Guaidó, davantage plébiscité encore par ses collègues dirigeants que par le peuple vénézuélien, est issu de Voluntad Popular, « l’un des partis les plus à droite de l’opposition vénézuélienne pro-impérialiste », ceci expliquant peut être cela, et qui ose appeler les choses par leur nom en parlant d’un « coup d’État presque classique ».

En conclusion ? Même si chez nous aussi des opposants manifestent “par milliers” depuis des semaines, la France est encore loin de connaître une crise économique comparable à celle que traverse le Venezuela, dont nous n’avons pas les réserves de pétrole.

Mais nous avons des idées.

J’espère qu’il ne viendra pas à l’esprit du président du sénat, Gérard Larcher, celle de se proclamer “président par intérim”. Par contre, si notre toujours président veut vraiment dénoncer des usurpateurs de la démocratie, il a raté une occasion, avec sa visite la semaine dernière au maréchal Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien élu en 2014 avec 961% des suffrages !

Mais il lui reste encore une bonne trentaine de “collègues” à dénoncer, dont une bonne partie dans cette Afrique qu’il aime tant conseiller. Un continent qui n’a pas encore totalement gagné le droit de « s’exprimer librement et démocratiquement ».

(Photos : Federico Parra, Présidence vénézuélienne,
Fernando Llano, Ariana Cubillos)

Classique ? On pourrait aussi se poser la question en entendant le nom du groupe formé par le duo autrichien Richard Dorfmeister et Rupert Huber : Tosca.

Après avoir entendu un de leurs titres ce matin au petit déjeuner, je suis allé vous chercher une vidéo en images. Et j’ai trouvé ce morceau évocateur (enfin pour moi) : The Key.