Grippe et ruissellement

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Une citation du jour en fac-similé, c’est un peu la classe, non ? Elle est extraite de l’édition française de 1906 de Humain, trop humain, de Friedrich Nietzsche, initialement publié en 1878. Ce qui ne rajeunira personne.

Une citation que j’ai trouvé en tête d’un article interrogeant quelques patrons sur la différence entre salariat et esclavage, tellement truffé de conneries que je ne vous en donnerai pas la source. Mais j’ai gardé l’exergue. Comme quoi, il ne faut pas désespérer, même du pire…

Bref. Nietzsche n’était pas belge, n’en déplaise aux nostalgiques d’Hitler.

Transports perturbés, dans le ciel, comme sur la route ou le rail (où la moitié des trains ont quand même circulé grâce à une loi sur le service minimum inspiré de notre Sarkozy national…), fonctionnement au ralenti des administrations publiques, des hôpitaux, des écoles, de la poste, du ramassage des ordures, blocage de ports, de zones industrielles, de dizaines de centres commerciaux… La Belgique était aujourd’hui “paralysée”, comme l’ont écrit les gazettes.

L’appel à la grève générale a été lancé par les trois principales organisations syndicales belges, pour protester contre le blocage des négociations salariales. Dans un pays où les entreprises ne vont pas si mal (10% de hausse du chiffre d’affaires et 5% de hausse des bénéfices l’an passé) et ne sont pas si maltraitées (7,24 milliards de subventions salariales et 5,8 milliards de baisse de cotisations, à comparer aux 17 milliards d’impôts sur les sociétés acquittés), les pauvres entrepreneurs ne proposent que 0.8% d’augmentation des salaires, quand les syndicats – insatiables – en réclament près du double !

Mais les patrons ont la loi pour eux. Ce sont en effet désormais les “experts” du très officiel Conseil central de l’Économie qui fixent le taux d’augmentation salariale acceptable.

Le même genre “d’experts” qui ne se sont pas encore penché sur la fabrication d’une Europe sociale mais qui nous expliquent, en attendant, la théorie du ruissellement.

Théorie un peu grippée (comme moi, mais je vais mieux, merci) sans doute à cause du réchauffement climatique qui perturbe tout ruissellement.

Réchauffement climatique qui explique peut-être l’absence de manifestations (et donc d’images de celles-ci) en Belgique aujourd’hui. Mais les défilés des jeunes pour le climat devraient se poursuivre demain, comme chaque jeudi

(Photos : DR)

D’ordinaire, le mercredi midi, je vais manger un plat du jour en lisant le Canard enchaîné au Spürk, le restaurant arménien du coin de la rue près du travail qui me paye,

Pas aujourd’hui, pour cause d’arrêt (maladie, tant que ça existe…)

Mais en cherchant ce matin une musique en provenance de Belgique, j’ai découvert cet étonnant duo. né de la rencontre entre le doudouk (hautbois traditionnel arménien) de Vardan Hovanissian et le saz (luth des bardes asiks) de Emre Gülteki.

Leur deuxième album, Karin, est l’ancien nom arménien de la ville d’Erzurum, située aujourd’hui en Turquie, ville natale du grand-père de Vardan Hovanissian, qui faisait partie des 200 survivants à la déportation d’environ 40 000 personnes lors du génocide arménien. Un disque symbole donc, comme la réunion de ces deux héritiers d’une sale histoire, pour croire au possible meilleur.

La musique est envoutante. La vidéo superbe.

Le reste de l’album s’écoute et/ou s’achète par ici.