Quand on aime…

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Slide 1

« Le juge a dit à Jules: “Vous avez tué”
“Oui j’ai tué ma femme, pourtant je l’aimais”
Le juge a dit à Jules: “Vous aurez vingt ans”
Jules a dit : “Quand on aime, on a toujours vingt ans”.»
Antoine, Les Élucubrations

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Alors qu’abcdetc s’apprête à fêter (modestement) ses 10 ans au début du mois prochain, le web fête aujourd’hui ses 30 ans. Avec plus de flonflons et de célébrations de toutes parts et de tous genres… sur le web :des explications sur la différence entre Internet et (world wide) web, des séquences nostalgie, des images et des liens pour voir à quoi ça ressemblait jadis, des historiques de l’évolution de cette révolution qui concerne aujourd’hui la moitié de l’humanité, des graphiques qui montrent la part des mastodontes dans le trafic d’aujourd’hui, quelques photos du créateur, Tim Berners-Lee, en 1989, tout heureux et fier, et aujourd’hui, plus dubitatif mais qui espère que pourront se corriger les “dysfonctions” de son invention…

Pour ma part, j’ai découvert le web quelque part vers 1995, dans le cybercafé qui a ensuite mis en ligne le livre interdit sur la santé de Mitterrand, j’ai créé mes premières pages (aujourd’hui disparues) avant la fin du siècle dernier, appris le langage html et php au début de celui-ci, salué l’arrivée de google et de son interface dépouillée, déploré l’arrivée de facebook qui préfigurait selon moi la privatisation d’un réseau dont je vantais la liberté, et – vieux con réactionnaire que je suis – je ne cesse de me désoler de cette étrange socialisation qui empiète sur celle – naturelle – de nos villes et de nos vies au quotidien, et je continue de croire, quand je suis optimiste, au formidable outil de partage, d’échange, de connaissances, d’émancipation qu’est – que pourrait redevenir – le web.

Je résume.

Et je trouve que si le monde a énormément changé en 30 ans, il me semble par ailleurs qu’il fait quand même du surplace dans les domaines de la paix, de la dignité humaine ou de l’environnement. Pour ne citer que ceux-là. Comme quoi le “numérique” que nous promeuvent certains n’est pas le miracle auquel il veulent nous faire croire.

Et comme diraient les Vénézuéliens sur l’air de Gaby (une chanson qui pour sa part a 40 ans) : “Ça sert à quoi d’avoir le web si t’a pas le courant ?”

Oh, Yeah !

(Photo : JR – abcdetc*)

* Même si les pages de signes d’air (mon premier site sur respublica puis free) ne sont plus accessibles depuis longtemps, je vous ai retrouvé la première photo que j’ai publiée sur le web. Avec une pensée pour ce photographe des rues de Valence (France) qui a sans doute disparu, depuis plus de 30 ans que je l’ai photographié…

Cette journée anniversaire précède de deux jours la Journée de pi (14 mars > 3-14 en écriture anglophone > π), qui sera sans doute moins fêtée.

Et ?

J’ai eu la chance d’aller ce matin au cinéma (plutôt qu’au travail, oui) voir le magnifique film Sibel, de Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, illuminé par la performance de la comédienne Damla Sönmez, récompensée par 11 prix d’interprétation. Sans compter celui que je lui ai décerné, discrètement et sans hésitation.

Et alors ?

La musique du générique de fin, qui tranche étrangement avec l’ambiance du film tout en lui donnant un beau prolongement, s’intitule Sus Payı et elle est interprétée par Husy Money et … Pi .

Je vous en ai retrouvé deux versions : l’une avec une image fixe, évoquant le film ; l’autre avec une vidéo de parkour qui colle bien à la musique. À vous de choisir.