Rien ne sera comme avant

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Le titre du jour pourrait résonner comme un écho du “plus jamais ça” proclamé haut et fort par les Rwandais à l’occasion du deuil national de 100 jours qui s’est ouvert hier, pour marquer le 25e anniversaire du déclenchement du génocide et commémorer les 800.000 victimes mortes entre avril et juin 1994.

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Des commémorations auxquelles la France na pas cru bon de participer. Invité à participer à la cérémonie d’hier à Kigali, Emmanuel Macron a préféré y envoyer Hervé Berville, député de sa majorité et accessoirement orphelin tutsi. Quand la communication vous tient…

Notre président n’a même pas daigné faire le déplacement à la cérémonie organisée par l’organisation de rescapés Ibuka au Parc de Choisy (à 6,5 km de l’Élysée…). Il a délégué Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances. J’ai du mal à voir le symbole imaginé par les communicants.

Mais, en même temps (c’est sa spécialité), EM a décidé de l’instauration d’une “journée de commémoration du génocide des Tutsis” et annoncé la mise en place d’une commission d’historiens sur le rôle de la France au Rwanda.

Une commission dont ont été écartés les meilleurs spécialistes du Rwanda, sans doute par souci d’objectivité, et dont les travaux doivent permettre “l’expression d’une vérité historique et consacrer la place du génocide des Tutsi dans la mémoire collective française”.

Il n’est pas encore venu le temps de présenter des excuses. Macron s’inscrit (une fois encore) dans la continuité de son prédécesseur Sarkozy, qui aimait volontiers dénoncer la repentance.

S’il faut plus d’un quart de siècle pour reconnaître une quelconque responsabilité dans la mort de 800.000 personnes, combien d’années (de décennies, de siècles ?) s’écouleront avant que nous puissions assumer celle que nous portons dans la mort de quelques milliers de morts (30.000) sur les routes de l’exil ?

Pour le moment, et alors que nos frontières se ferment davantage aux demandeurs d’asile (qui font de plus en plus souvent l’objet d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière avant même la fin de l’étude de leur demande…), notre ministre de l’Intérieur a préféré dénoncer la complicité des ONG avec les passeurs que d’encourager l’aide humanitaire.

Rien ne sera comme avant, peut être, sauf la honte parfois d’être si mal représentés.

Au fait, le titre du jour est extrait d’une déclaration de notre toute nouvelle porte-parole gouvernementale, Sibeth Ndiaye. Mais elle évoquait le grand débat et non notre politique internationale et humanitaire.

(Photos : Kigali Genocide Memorial où sont exposées les photos de victimes du génocide, Ben Curtis, Chip Somodevilla, Ludovica Iaccino, Radu Sigheti, Andy Hall, Paul Heckel, DR)

Mes confrères de France-Culture ont consacré samedi une émission à la renaissance de la scène musicale rwandaise sous le titre  Rwanda, 25 ans plus tard : chanter l’indicible, qui est aussi celui de cette sélection (playlist en français d’aujourd’hui) :