Avec des fleurs, comme s’il en pleuvait

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Slide 1

« L’homme qui se répète n’a pas d’imagination. » 

Je sais que j’ai déjà utilisé cette citation qui n’en est peut-être pas vraiment une (ici, et ailleurs…)

De là à prétendre que je n’ai pas d’imagination…

En trouvant la photo du jour, puis en cherchant un titre pour accompagner ce billet, je me suis aperçu qu’en matière de répétition, je pouvais faire encore mieux.

En couleurs et avec des fleurs

Avec des fleurs…

Écrit avec des fleurs

Le dire encore avec des fleurs

Dites-le avec des fleurs…

Avec des fleurs

Le dire avec des fleurs ?

Avec des fleurs…

Le dire avec des fleurs

Le dire encore avec … une fleur

Ou pire, tente de dire le pessimiste qui ne sommeille pas vraiment en moi.

La photo du jour de toutes cet éparpillement sur la chaussée du marché aux fleurs de Bombay, après le passage d’une violente averse de mousson, pourrait raconter la désolation du marchand, ou évoquer tous les désastres provoqués par cette période diluvienne (inondations, glissements de terrain, effondrements d’immeubles causant des dizaines de victimes…)

Mais je n’oublie pas que cette période de pluies, parfois retardées, parfois moins abondantes, de plus en plus capricieuses avec le réchauffement climatique, est aussi le signe de la vie et de son indispensable alliée : l’eau. Parfois trop rare, et de plus en plus, dans tellement de régions du globe.

Je n’oublie pas non plus le sourire de cet homme, croisé sur un quai de Panaji (je crois) et sous une averse comme je n’en avais jamais connue par ici (j’en suis sûr), me disant en regardant le ciel : “Good summer, good rain !”.

Nous n’avons pas tous la même manière de qualifier un bel été…

Enfin, tous ces œillets d’Inde (bien sûr, et french marigolds en anglais), fleurs sacrées colorant une avenue lointaine, me permettent de rendre hommage à une sacrée femme disparue hier : Juliette Gréco. Qui – en cette sale période de restrictions sanitaires – n’aura peut être pas droit à une pluie de fleurs lorsqu’elle rejoindra Gérard Jouannest dans leur tombe du cimetière du Montparnasse.

Juliette Gréco, dont j’ai trouvé ce matin, parmi la pluie d’éloges et de citations qui a accompagné son décès, cette phrase tellement belle :

« Je ne serais pas arrivée là si on ne m’avait pas aimée, c’est la base de tout. »

Voilà. C’est tout.

(Photos : Sujit Jaiswal en 2020 et The Times en 1989)

Je vous laisse choisir la ou les chanson(s) de Juliette Gréco que vous aurez plaisir à réécouter. Pour ma part, je suis un peu triste de si peu entendre aujourd’hui citer Raymond Queneau, qui lui offrit (par l’intermédiaire de Sartre) l’un de ses premiers succès : Si tu t’imagines. Et son indémodable “xa va xa va xa”)

Et puisque mon regard s’est tourné, un peu, vers l’Inde, mes oreilles y sont restées pour la musique.

Avec… Monsoon, interprété par Anoushka Shankar, la si digne fille de son père.

Et je ne dirai rien de la base du mien.